Le Premier ministre sortant Guy Verhofstadt, chargé d'une mission d'information pour mettre fin à la crise institutionnelle que connaît la Belgique, a continué durant le week-end à étudier les possibilités de coalition fédérale. Selon plusieurs sources contactées dimanche en fin de journée, M. Verhofstadt aura probablement encore besoin de quelques jours supplémentaires avant de présenter aux partis concernés une proposition.
Après les déclarations samedi de l'ex-formateur Yves Leterme et les débats télévisés du week-end, il semble de plus en plus acquis qu'on se dirige à terme vers la formation d'un gouvernement disposant d'une large majorité permettant de voter une importante réforme de l'Etat. La famille libérale reste la seule à croire encore, quelque peu, à la constitution d'une orange bleue.
Des débats télévisés du week-end, il semblait également se confirmer que la formation du gouvernement pourrait se faire en deux temps, d'abord la constitution d'un gouvernement transitoire chargé de prendre une série de mesures urgentes pour garantir la stabilité du pays et répondre à certaines attentes des citoyens, puis la mise sur pied d'une vaste coalition chargée notamment de préparer la réforme de l'Etat.
Les libéraux ont pour leur part continué à insister durant le week-end sur leur volonté de voir aboutir prioritairement les dossiers socio-économiques et ont répété à cet égard le peu d'enthousiasme qu'ils affichent à voir émerger une tripartite traditionnelle composée des trois grandes familles politiques.
Au nord du pays s'est également posée la question, durant les débats télévisés, du leadership du gouvernement transitoire, le CD&V estimant qu'il devait revenir au vainqueur des élections, Yves Leterme, une perspective qui n'enchante guère l'Open Vld. CD&V et Open Vld semblent également considérer que les socialistes flamands ne feront plus partie de la prochaine équipe gouvernementale. Au sp.a, après des déclarations contradictoires de la présidente Caroline Gennez et de son prédécesseur Johan Vande Lanotte, les commentaires ont été quasiment absents des débats du week-end.
Certains ont dès lors évoqué la perspective d'un gouvernement asymétrique composé de l'Open Vld et du cartel CD&V/N-VA au nord et du MR et du PS, rabibochés, au sud, soutenus par Ecolo. Invité d'RTL-TVI, le co-président d'Ecolo, Jean-Michel Javaux a confirmé que cette piste avait été mise sur la table. Certaines sources indiquent cependant que le PS ne lâchera pas le cdH. Des observateurs rappellent aussi qu'Ecolo avait placé une exclusive à l'encontre de la N-VA (Jean-Michel Javaux a indiqué dimanche qu'il n'y avait pas d'exclusive mais qu'Ecolo considérait la N-VA comme un parti dangereux pour la Belgique) et qu'il ne "montrait" pas sans Groen!, qui jusqu'il y a peu n'était pas spécialement courtisé par l'Open Vld et le CD&V.
La solution pourrait être alors l'union nationale, prônée par le PS et le cdH. Cette coalition aurait aussi l'avantage d'être plus large que la tripartite qui n'enthousiasme guère la famille libérale, et d'assurer une assise confortable pour une importante réforme de l'Etat. L'incertitude est là aussi du côté du sp.a, tiraillé en son sein. (belga)


