André Antoine
Ce n'est pas le moment pour commander un audit sur les finances wallonnes, a répondu ce jeudi le ministre wallon en charge du Budget, André Antoine, en réaction à l'intention du MR wallon de demander un audit complet sur les finances publiques wallonnes.
"Je ne comprends pas cette demande de M. Borsus", a réagi André Antoine, rappelant que "tous les chiffres ont été transmis au Parlement, à la cour des Comptes, à l'Inspection des Finances, à l'Institut des comptes nationaux, à la Banque nationale, et au Conseil supérieur des finances".
Coûteux
Pour le ministre, engager un audit est donc "coûteux et inutile". "Il faudrait lancer un marché publique et désigner des experts. Tout cela aurait un coût et jeterait un discrédit sur toutes les institutions qui ont approuvé les chiffres", a commenté André Antoine.
Pour lui, l'urgent est d'équilibrer les budgets 2010 - 2011 et suivants. "Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Le problème des finances wallonnes est lié à la chute des recettes. Quand on passe d'une prévision de +1.2 à -3.8, il y a une perte de recettes de plus d'un milliard pour la Communauté et la Région. Tout le problème est là", a précisé le ministre du Budget.
"Si M. Borsus réclame un audit pour une telle somme, que préconise-t-il pour les 25 milliards de déficit de M. Reynders? ", a encore demandé le ministre.
Des paroles?
Tous les ministres de la Région et de la Communauté ont été invités à avancer des pistes d'économie. Des "promesses" ont été reportées, comme par exemple la suppression de la télé-redevance. "C'est pas que je ne veux pas mais je ne peux pas. Je rêve de la supprimer mais c'est impossible pour l'instant", a remarqué André Antoine.
Pour établir le budget, la Région n'attend plus que les données du fédéral. "Il nous manque les chiffres exacts de la croissance et les normes d'emprunt au travers des différentes entités", a commenté le ministre, demandant à l'opposition wallonne d'être plus proactive que critique.
Concernant la "calculette" du ministre Daerden, le ministre Antoine a souligné qu'il n'en avait plus besoin. "J'aurais évidemment aimé en disposer mais je suis maintenant équipé. Un autre logiciel a été mis en place par mes services", a-t-il conclu. (belga/acx)


