Fusions et numerus clausus pour la rentrée académique
A partir de la semaine prochaine, un peu plus de 150.000 étudiants, dont 69.000 dans les universités et 74.000 dans les Hautes écoles, 6.500 dans les écoles supérieures des arts et 2.500 dans les instituts supérieurs d'architecture, feront leur rentrée. L'enseignement supérieur occupe plus de 20.000 équivalents temps plein (enseignants, chercheurs, personnel administratif, etc) dont 13.500 dans les universités et 6.500 dans le non universitaire.
Trois académiesLes 7 universités sont à présent regroupées sous la coupole de 3 académies: Louvain (UCL, Facultés universitaires Saint-Luc à Bruxelles, Facultés universitaires catholiques de Mons et Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur), Wallonie-Bruxelles (ULB et Université de Mons-Hainaut) et Wallonie-Europe (Université de Liège et facultés de Gembloux). Un processus de fusion des 4 universités catholiques est en cours.
Quant aux 26 Hautes écoles, elles sont réparties en cinq zones: province de Luxembourg, province de Namur, province de Hainaut, province de Liège (à l'exception de la région de langue allemande) et la Région bilingue de Bruxelles-Capitale et la province du Brabant wallon.
La dernière législature a été l'occasion de lancer une série de rapprochements et fusions entre établissements, lançant un processus qui devrait se prolonger au cours des prochaines années.
La Communauté Wallonie-Bruxelles compte également 17 Ecoles Supérieures des Arts (ESA) et 4 instituts supérieurs d'architecture, intégrés dès cette rentrée au sein des universités.
Numerus ClaususL'un des dossiers qui reviendra sans doute sur la table du nouveau ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt est celui du numerus clausus. Cette restriction au nombre de jeunes médecins pouvant obtenir un "numéro Inami" indispensable à l'exercice de la médecine en cabinet privé, imposée par le pouvoir fédéral, fait actuellement l'objet d'un moratoire, décrété par le prédécesseur de M. Marcourt, Marie-Dominique Simonet.
La Communauté française et de façon générale les Francophones sont contre tout numerus clausus, estimant qu'en matière de nombre de médecins, on va plutôt vers la pénurie que vers la pléthore et remarquant que des "vieux" médecins qui ne réalisent quasi plus de prescriptions bloquent de nombreux numéros Inami. Mais les partis flamands sont pour et bloquent toute levée de la mesure au gouvernement fédéral.
En attendant une solution qui pourrait venir du cadastre des médecins, le gouvernement précédent a donc décidé d'un moratoire et n'applique plus de mesure de restriction aux études, pas plus que l'examen-concours de fin de première année d'études de médecine, qui avait mené à l'affaire médiatisée des "reçus-collés" (des étudiants qui avaient réussi leur année mais n'avaient pas terminé en ordre utile le concours, se voyant ainsi barrer l'accès à la suite de leurs études).
Concours d'entréePour sa part, M. Marcourt, sur la même ligne que les autres responsables francophones, se dit prêt à ouvrir le débat. Il ne voit guère d'un bon oeil les quelques limitations à l'accès aux études supérieures qui persistent en Communauté française: l'examen en sciences appliquées (polytechnique), le concours d'entrée en arts ou encore le décret limitant le nombre d'étudiants non résidents pour les études de vétérinaire ou de kinésithérapie.
Cela induit des tensions entre étudiants ou des épreuves dont l'utilité est contestable, uniquement pour répondre à des impératifs d'accès à certaines professions. Par essence, un diplôme d'enseignement supérieur ne prépare pas à un seul métier, remarque le ministre.
Selon lui, il serait donc bon de mener avec tous les acteurs du secteur une réflexion pédagogique sur l'offre de formations dans ces secteurs et garantissant une meilleure information et orientation des futurs étudiants, estime-t-il.
Aides financièresLa Fédération des Etudiants Francophones (FEF) a profité de la rentrée pour plaider en faveur d'un investissement croissant dans l'enseignement supérieur et d'un élargissement à son accès. Elle réclame dès lors que le gouvernement aide les jeunes à diminuer les coûts directs et indirects liés aux études.
La FEF demande dès lors au ministre -qui gère aussi l'économie en Région wallonne- d'être sensible aux recommandations du Conseil des recteurs, du Conseil interuniversitaire de la Communauté française, mais aussi de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) et de... la FEF en ce sens.
Au passage, les étudiants égratignent toutefois le récent rapport de l'OCDE plaidant pour des investissements à la fois privés et publics en faveur de l'enseignement. L'enseignement doit rester public sous peine de dérives importantes quant à sa qualité et à son ouverture, insiste la FEF. (belga/acx)