Lancement de la procédure de régularisation des sans-papiers
Les sans-papiers ont commencé mardi à rentrer leurs dossiers de régularisation conformément à l'instruction prise à la mi-juillet par le gouvernement en vue de préciser la loi sur l'accès au territoire.
"Tout se passe bien, tout se passe normalement", a indiqué Dominique Ernould, porte-parole de l'Office des étrangers selon qui il faudra attendre plusieurs jours voire plusieurs semaines avant de connaître l'ampleur des demandes. La procédure entamée mardi se poursuivra durant trois mois. "Les étrangers envoient leur demande par recommandé à l'administration communale qui nous la fait suivre par voie postale", a-t-elle précisé.
Examinés au cas par cas, les dossiers seront reçus favorablement si la procédure d'asile est jugée déraisonnablement longue, si les candidats à la régularisation se trouvent dans une situation humanitaire urgente, s'ils peuvent prouver un ancrage local durable, ou s'ils disposent d'un contrat de travail, cette dernière condition étant examinée par les Régions.
Accueillie favorablement après des mois d'attentes, la nouvelle procédure de régularisation ne fait pas que des heureux. Des sans-papiers disant ne pas pouvoir se prévaloir des critères arrêtés par le gouvernement ont encore manifesté mardi matin devant l'Office des étrangers.
Dans une carte blanche publiée dans le quotidien
Le Soir, la Ligue des Droits de l'Homme a regretté que "l'instruction de juillet opte à nouveau pour une régularisation sur base individuelle et ne remet nullement en cause la législation, toujours plus restrictive, en matière d'accès au territoire, de séjour et d'éloignement des étrangers".
A Anvers, le Vlaams Belang a lui manifesté contre la procédure de régularisation, le chef de file dans la métropole du parti d'extrême droite, Filip Dewinter, s'exprimant sans ambages. "On entend depuis aujourd'hui les roulements de tam-tams en Afrique et ailleurs, alors que les valises sont déjà bouclées à destination d'Anvers, Bruxelles et Gand. La coupe est pleine", a-t-il dit avant d'enchaîner: "pour nous, le seul passeport que peuvent revendiquer les illégaux est un go-pass vers leur pays d'origine". (belga)