La Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA) n'est ni pour ni contre la grève du lait mais elle estime que la Wallonie ne doit pas se sacrifier pour le reste de l'Europe. "Nous ne donnons pas de mot d'ordre aux producteurs. Nous ne voulons pas qu'ils se mettent en faillite de manière vaine. Chacun a le choix de mener la grève ou non", a commenté le président de la FWA, René Ladouce, vendredi au cours d'une conférence de presse.
La FWA estime que la mobilisation doit dépasser le cadre wallon. "C'est l'Europe qui doit se mobiliser. Or, ce n'est pas le cas actuellement. Seuls 9 pays sont concernés", a remarqué le président.
La fédération estime qu'il faut réguler l'offre mais également prendre des mesures au niveau mondial. "Le secteur laitier tient actuellement le devant de la scène mais c'est l'ensemble du modèle agricole européen qui est en péril", a souligné M. Ladouce, citant la dérégulation dans le marché des céréales.
La politique de l'OMC est pointée du doigt par la FWA. "Si on ne modifie pas l'ensemble du cadre commercial, faire croire aux agriculteurs que tout va s'arranger avec les quotas est un mensonge. Ainsi par exemple si l'OMC met en place une réduction des droits de douane, ce sera une ouverture plus grande du marché international et la situation ne se réglera pas", a remarqué Yves Somville, directeur du service économique de la FWA.
Concernant les mesures annoncées jeudi par la commissaire européenne Marianne Fischer Boel, la FWA remarque qu'elles sont "insuffisantes". "Les mesures proposées ne sont pas à la hauteur de l'ampleur du problème. C'est comme si on soignait une jambe cassée avec un sparadrap", a commenté Yvan Hayez, secrétaire général de la FWA.
La Fédération wallonne n'est pas favorable à de grandes actions médiatiques. "Que faire de plus que ce qui a été fait lors du déversement de lait à Ciney? Un suicide collectif?", a demandé M. Hayez. La FWA se concentre d'avantage sur la concertation et le dialogue. Elle a ainsi demandé à rencontrer le président européen, José-Manuel Barroso.
Elle demande également à la Région wallonne de se montrer plus sévère pour les agriculteurs qui dépassent les quotas de production. "La situation est dramatique! Si rien ne change avant la fin de l'année, de nombreux agriculteurs, surtout les jeunes qui ont investi, seront en faillite", a conclu M. Somville. Des agriculteurs ont précisé qu'ils étaient déjà en situation de faillite virtuelle. "Si les fournisseurs nous réclament ce qu'on leur doit, c'est la catastrophe", ont-ils souligné. (belga)
- Lait: de nouvelles actions prévues ce week-end
- Des suicides parmi les producteurs de lait français
- Des agriculteurs néerlandais déversent 100.000 litres de lait dans un pré
- Paris rejette la proposition européenne de "rachat" des quotas laitiers
- Les producteurs de lait préparent une "journée blanche"
- Le Parlement européen presse la Commission de régler la crise du lait


