-
 

On n'attendrait plus que le MR

Les choses ne semblent pas avoir beaucoup évolué au cours de la journée de mercredi si ce n'est qu'il semble se confirmer que la coalition en vue serait très large du côté francophone. On parle de plus en plus d'un gouvernement orange bleue du côté flamand et d'union nationale (ou plutôt régionale) du côté francophone. Plusieurs proches de la négociation disaient mercredi après-midi que 5 des 6 pressentis pour une telle formule étaient d'accord. On n'attendrait plus que le MR.


Peu d'informations officielles filtraient mercredi. Le seul élément objectif a été le communiqué du cdH dans lequel les Humanistes défendent la constitution d'un gouvernement intérimaire impliquant tous les partis francophones afin de gérer ensemble les problèmes d'urgence qui touchent les Belges. Par ce texte, le cdH officialise en quelque sorte que cette formule est actuellement explorée et tiendrait la corde. Elle va aussi dans le sens de ce que demande le PS depuis deux semaines et qu'évoquait clairement le vice-président du parti, Philippe Moureaux, mardi matin .


Du côté flamand, on s'en tiendrait à l'orange bleue, ce qui arrange à la fois l'Open Vld et le CD&V. Du côté francophone, on élargirait la coalition en y impliquant tous les partis démocratiques soit MR, PS, cdH et Ecolo. Seul le FN serait encore dans l'opposition. Le "deal" qui serait intervenu entre le premier ministre sortant Guy Verhofstadt (Open Vld) chargé d'une mission par le Roi et l'ex-formateur Yves Leterme (CD&V) aurait été l'élément déclencheur pour faire redémarrer les discussions. M. Verhofstadt pourrait rester au "16" pendant quelques mois tandis qu'Yves Leterme serait vice-premier ministre en attendant de reprendre la fonction de premier ministre.

La large coalition à 6 a l'avantage d'offrir une large majorité pour une réforme de l'Etat soit 109 voix sur 150 (la majorité spéciale est de 101) à la Chambre et 52 voix sur 71 (la majorité spéciale est de 48) au Sénat. Dans les deux assemblées, les voix francophones seront nettement plus importantes que les voix flamandes soutenant le gouvernement: à la Chambre une telle coalition disposera de 48 voix dans le groupe linguistique flamand et 61 dans le groupe linguistique francophone et au Sénat de 23 voix dans le groupe linguistique flamand et 29 voix dans le groupe linguistique francophone.


La formule sans les Ecolo n'aurait pas de majorité des 2/3 au Sénat. De plus, la majorité à 6 neutralise entièrement ce que certains appellent "le pouvoir de nuisance de la N-VA". Le petit parti nationaliste a 5 députés et 2 sénateurs. Il s'agit incontestablement d'un élément important notamment pour Ecolo qui a toujours dit que la présence de ce parti dans la majorité constituait pour lui un problème.


Un tel gouvernement serait asymétrique à plus d'un titre puisque non seulement le PS y siégerait sans le sp.a mais à ce stade il semble aussi plus que probable qu'on y retrouve Ecolo sans Groen!. Pour certains observateurs, cela ne constituerait pas un trop gros inconvénient étant donné qu'une telle formule "gèlera toute politique sérieuse jusqu'en 2009 puisque ce gouvernement ne fera rien que de l'institutionnel". De diverses sources on confirmait que Guy Verhofstadt se concentre actuellement sur les partis francophones et plus spécialement sur le MR pour le convaincre du bien-fondé de la formule.

"Di Rupo et Milquet ne veulent rien concéder à Reynders", commentait un proche des négociateurs flamands qui ajoutait que la discussion actuelle laisse entrevoir que "ce ne sera sans doute pas plus facile à 6 que cela ne l'a été à 4". A ce stade, il semble toujours ne pas être question d'en venir à une tripartite traditionnelle. On ressent pourtant un changement d'attitude du sp.a mais les socialistes flamands ne sortiront pas du bois tant que l'Open Vld et le CD&V ne le leur demandent pas.

Or, les libéraux et démocrates-chrétiens flamands se contentent actuellement de dire qu'ils sont satisfaits avec une formule qui se limite à l'orange bleue du côté flamand. Un gouvernement asymétrique à six n'est sans doute pas la formule idéale mais, commentait un observateur, "au 185eme jour de la crise, la question n'est plus de savoir qu'elle est la meilleure formule mais qu'elle est la moins pire". (belga)

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 60.000 visiteurs

 
Canal Infos

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation

Mediargus Metriweb