Le premier ministre Guy Verhofstadt a demandé vendredi la confiance au parlement en vue de permettre au gouvernement intérimaire qu'il a formé de créer l'espace que requiert la voie du dialogue.
Le premier ministre a replacé la formation du gouvernement intérimaire dans le contexte de la crise qui mine le pays depuis environ six mois. Il a énuméré le programme en dix points du gouvernement en vue de répondre dans l'urgence aux besoins de la population mais a mis en exergue l'inéluctable débat qui s'annonce sur la réforme des institutions et dont le résultat doit pouvoir servir à renforcer la prospérité.
"Bien entendu, notre pays n'est pas immunisé contre les conflits d'idées, de valeurs ou de culture. Ce n'est pas pour rien que nous vivons au carrefour de la culture européenne. Cependant, lorsque ces conflits désemparent une population, l'affaiblissent, ou risquent même de la paralyser, nous devons opter pour la voie qui a toujours constitué le fondement de notre prospérité: la voie du dialogue", a-t-il dit.
Le premier ministre a répété qu'il ne présiderait aux destinées du gouvernement que pendant une période limitée. "Au plus tard le 23 mars, le dirigeant de la principale formation, Yves Leterme, sera présenté pour mettre sur pied le gouvernement définitif", a reprécisé Guy Verhofstadt. En vue de la constitution de ce gouvernement définitif, deux négociations parallèles seront lancées au début de l'année prochaine sous l'égide des deux vice-premiers ministres, a rappelé le premier ministre.
Présidé par Yves Leterme, un groupe "octopus", installé le 9 janvier, sera chargé de préparer la réforme de l'Etat ou en d'autres termes de réaliser un "Pacte en faveur d'un Etat fédéral renouvelé". Il sera composé de douze membres "provenant des grands groupes démocratiques". Les présidents de la Chambre et du Sénat pourront être conviés aux réunions. Le premier ministre soumettra lors du lancement des travaux de l'octopus sa note personnelle sur la réforme institutionnelle rédigée dans le cadre de sa mission d'information.
Par ailleurs, sous la direction de Didier Reynders, des discussions seront également menées sur les "défis économiques et écologiques majeurs", ainsi que sur "les problèmes de cohésion sociale". Le gouvernement définitif sera lui formé "à partir des formations qui constituent le gouvernement" intérimaire, a dit Guy Verhofstadt. Le premier ministre a été longuement applaudi sur les bancs de la majorité, à l'exception du groupe CD&V/N-VA dont les députés ont réservé un accueil retenu à la déclaration de politique générale. La Chambre votera dimanche la confiance au gouvernement. (belga)


