Le tribunal civil de Bruxelles a débouté la demande de dédommagement des familles Lambrecks et Marchal à l'encontre de l'Etat belge. Les parents d'An et Eefje, les jeunes filles assassinées par Marc Dutroux, exigeaient que l'Etat belge les dédommage pour la mort de leurs filles, étant donné que l'Etat aurait commis des fautes lors de la relaxe et du suivi de Marc Dutroux, ainsi que dans l'enquête ultérieure.
Les familles Lambrecks et Marchal se sont appuyées sur le rapport d'une commission d'enquête parlementaire dirigée par Marc Verwilghen. Ce rapport souligne de nombreux dysfonctionnements lors de la relaxe de Marc Dutroux et de l'enquête sur la disparition tant de Julie et Melissa que d'An et Eefje.
Marc Dutroux a ainsi bénéficié d'une libération conditionnelle en 1992 en dépit de deux rapports défavorables. Sa libération conditionnelle a d'ailleurs été suivie de manière très laxiste, selon les familles. Dutroux a, qui plus est, commis une série de petits délits au lendemain de sa relaxe qui auraient dû conduire à son arrestation.
Par ailleurs, son nom est apparu à plusieurs reprises dans l'enquête sur les disparitions, sans qu'il ne soit inquiété à ce propos. Toutes des erreurs pour lesquelles la responsabilité du gouvernement belge peut être engagée, selon les avocats des deux familles. Le tribunal a rejeté ce raisonnement. Ainsi, il ne serait pas prouvé que la relaxe de Marc Dutroux ait été une décision fautive.
La commission d'enquête parlementaire a effectivement mis en lumière un certain nombre de dysfonctionnements, mais ce rapport n'est toutefois pas un aveu extrajudiciaire de l'Etat. Il n'est d'ailleurs pas prouvé, selon le juge, qu'en l'absence de ces dysfonctionnements, les faits ne se seraient pas déroulés.
Les avocats des parents d'Eefje Lambrecks, maître Joris Veecraeye et Luc Savelkoul, sont désappointés par le jugement, mais ne savent pas encore s'ils vont faire appel. Ils disposent d'un mois pour en décider.


