Même si les ministres bruxellois flamands en viennent à reconnaître la nécessité de refinancer la Région-capitale, Bruxelles vit dans un consensus de façade, a affirmé dimanche, le chef de file du FDF au parlement régional, Didier Gosuin.
"Mais les masques commencent à tomber. On fait passer ce refinancement pour une exigence purement francophone. Et comme les francophones ne sont guère conciliants, à la table de l'Octopus, on le leur fait payer en ne prévoyant que des cacahuètes pour Bruxelles", a-t-il déclaré, à l'occasion du congrès du FDF, organisé à Woluwe Saint-Pierre.
Au cours de ce rassemblement des militants du Front Démocratique des Francophones, le président du parti, Olivier Maingain, a plaidé pour une consultation populaire des francophones sur leur avenir institutionnel. Didier Gosuin, n'a pas caché qu'il ne rejoignait ce projet que par défaut.
"Je suis un fédéraliste convaincu qui conférerait aux trois Régions un maximum de moyens et de compétences dans le cadre d'un Etat fédéral fort assurant le rôle d'arbitre en cas de conflits tout en maintenant la solidarité interpersonnelle selon le principe élémentaire même territoire mêmes droits. Si ce n'est pas possible, je rejoins le projet de construire la fédération Wallonie-Bruxelles, car je refuse d'évoluer vers un confédéralisme à la flamande fondé sur toujours plus de transferts de compétences aux communautés", a-t-il notamment dit.
Sans contester qu'il faille davantage de moyens dans les domaines des transports publics et du logement, Didier Gosuin a estimé que la priorité de la Région bruxelloise était avant tout sociale. A ses yeux, le raisonnement du gouvernement bruxellois par rapport à ce défi est vicié à la base. Le gouvernement Picqué III a mis tous les moyens dans le contrat pour l'Economie et l'Emploi. "Mais l'équation doper l'économie = plus d'activité économique = plus d'emploi = diminution du chômage bruxellois est fausse", a-t-il poursuivi.
Didier Gosuin a jugé qu'il fallait plutôt investir massivement dans la formation professionnelle. "Or jamais, le ministre bruxellois de l'Emploi, Benoît Cerexhe, ne prend des initiatives avec sa collègue Françoise Dupuis, chargée de la Formation. Jamais les ministres francophones des différents exécutifs ne parviennent à réunir la table ronde pour l'enseignement technique et professionnel", a-t-il déploré. (belga)


