Le président de la Cour d'assises de Liège a poursuivi lundi après-midi les interrogatoires des accusés. Abderrahim Lkhamrichi a nié toute intervention dans les faits et sa présence sur place tandis qu'Abdeljalil Lkhamrichi a démenti avoir eu connaissance du fait que le GSM qu'il recelait avait été volé.
Abderrahim Lkhamrichi, suspecté d'avoir accompagné son frère lors de l'agression de Roger Lemauvais, a soutenu qu'il n'a rien à se reprocher dans les faits. Il a expliqué qu'il se trouvait en France à l'époque et qu'il ne pouvait pas avoir accompagné son frère le jour des faits. Il a également nié avoir porté une casquette retrouvée sur les lieux des faits, sur laquelle ont été retrouvées des traces minoritaires de son ADN dans un prélèvement comportant un ADN multiple.
Poursuivi uniquement pour le recel d'un GSM volé, Abdeljalil Lkhamrichi a précisé que c'est son frère qui lui a offert le GSM. "C'était un vieil appareil qui n'avait pas de prix et je l'ai utilisé plutôt que de le jeter, a expliqué l'accusé. J'ignorai que ce GSM avait été volé. Je n'avais pas la moindre idée sur les raisons de mon interpellation lorsque j'ai été arrêté par les policiers. J'ai fait un mois et demi de prison car les enquêteurs espéraient que mon incarcération allait permettre le retour de mon frère. Je vis un cauchemar à cause de mon frère."
Abdeljalil Lkhamrichi (le seul à comparaître librement) a par ailleurs précisé qu'il est actuellement employé et responsable dans un commerce liégeois et qu'il espère y conserver son travail, malgré la publicité négative que le procès entraîne pour lui. Abdeljalil Lkhamrichi demande son acquittement. La Cour a entendu la veuve de Roger Lemauvais, la victime des faits. Elle a évoqué sa vie de couple sans histoire et l'adoption de deux enfants pendant leurs 40 années de mariage. Depuis qu'il avait été victime de vols quelques semaines avant les faits, Roger Lemauvais avait l'habitude de prendre ses précautions et de signaler à son épouse par téléphone son retour à la maison.
L'épouse a précisé que lorsque Roger Lemauvais l'a appelé le jour des faits, elle a entendu plusieurs voix étrangères et nerveuses qui semblaient être à proximité de son mari dans son bureau. "Ce qui me touche le plus, c'est que mon mari a effectué ce jour-là le dernier jour de sa carrière professionnelle, a expliqué son épouse. Car il prenait ensuite sa pension. Ma vie a été brisée ce jour-là, ainsi que celle de mes enfants."
Les secouristes intervenus sur place ont précisé que Roger Lemauvais reposait sur le dos lorsqu'il a été retrouvé. Il était bâillonné, présentait une plaie à l'arrière de la tête et plusieurs traces de coups de couteau à l'abdomen. Mardi, la journée sera consacrée aux auditions des experts ainsi qu'à une descente de la Cour d'assises à Dison pour une visite des lieux où se sont déroulés les faits.
(belga)
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