L'augmentation du trafic de cocaïne via la Belgique est surtout perceptible grâce au nombre croissant de passeurs interceptés. La quantité totale de drogue interceptée n'a quant à elle pas augmenté, affirme Luc De Somere, responsable des services d'enquête des douanes et accises, ce lundi, en réaction à l'International Narcotics Control Strategy Report sur les trafics de drogues du département américain des Affaires étrangères.
Luc De Somere n'est pas vraiment surpris des conclusions du rapport "drogues" américain. Celui-ci relève entre autres qu'environ 60 tonnes de cocaïne et 30 tonnes d'héroïne transitent par les ports et aéroports belges. Selon lui, "il est difficile de nier" que le port d'Anvers et l'aéroport de Bruxelles sont des plaques tournantes pour le trafic de drogues, principalement le trafic de cocaïne.
Il confirme un autre constat du rapport: de plus en plus de conteneurs charriant de la drogue en provenance d'Amérique du Sud vont vers l'ouest de l'Afrique et, de là, les passeurs migrent vers les aéroports européens. Cela pourrait aussi expliquer le fait qu'on découvre moins souvent de grandes quantités de drogue dans le port d'Anvers, mais de plus en plus souvent des passeurs avec de petites quantités de drogue à Zaventem.
C'est l'augmentation du nombre de passeurs interceptés qui peut faire penser à un trafic de cocaïne de plus en plus vaste en Belgique. Le nombre de tonnes saisies ne montre cependant pas d'augmentation forte. "En 2005, on a découvert près de 6 tonnes. En 2006, on est descendu à 1,8 tonne et on est revenu à 1,9 tonne l'an dernier", commente Luc De Somere.
Le rapport américain affirme encore qu'il est avéré que "des employés du port d'Anvers sont impliqués dans la réception et le déchargement de la cocaïne". Cela ne surprend pas non plus Luc De Somere. "Ce n'est pas neuf. Cela n'existe pas qu'à Anvers. Le phénomène existe. On connaît des cas et certaines personnes ont été condamnées. Mais le phénomène reste marginal." (belga)


