Les zombies ont droit à la liberté d'expression, a estimé une cour d'appel fédérale américaine, donnant tort à des policiers qui avaient arrêté en 2006 un groupe grimé en mort-vivants pour protester contre les ravages de la société de consommation.
Dans une décision dont l'AFP s'est procurée copie jeudi, la cour d'appel de Saint-Louis, dans le Missouri, a estimé à deux juges contre un qu'il n'existait pas "de raison suffisante" pour arrêter les zombies.
Elle a renversé un jugement de première instance qui avait garanti aux policiers l'immunité pour avoir emprisonné le groupe pendant deux jours au motif que des appareils de sonorisation de leur message qu'ils transportaient dans des sacs ressemblaient à des armes de destruction massive.
Des policiers un peu simples ou malintentionnés?
A l'origine de l'affaire, sept personnes s'étaient donné rendez-vous dans le centre-ville de Minneapolis, dans le Minnesota, à l'occasion d'un festival, marchant de manière raide et hésitante, leurs visages recouverts de poudre blanche, de fausses rivières de sang dessinées sur les joues et les yeux cernés de couleur noire.
"Leur idée était de protester contre la nature abrutissante de la société de consommation en déambulant dans les rues habillés en zombies", explique la cour d'appel dans sa décision. Ils ont tous fini au poste, puis ont passé deux nuits en prison.
Mais pour la cour d'appel, les zombies n'exerçaient que leur liberté d'expression de manière "artistique et symbolique" compréhensible par tous. (belga/th)


