Gregor Schneider espère trouver une personne qui passerait ses dernières heures à vivre au sein d'une installation artistique.
L'artiste allemand Gregor Schneider est au centre d'une vive polémique depuis qu'il a dévoilé son envie de trouver une personne mourante qui passerait ses dernières heures à vivre au sein d'une installation artistique, dans un musée situé à Krefeld.
Schneider rumine son nouveau concept depuis plus de dix ans. La mort est un thème qui fascine l'artiste de 39 ans. "La personne mourante donnera son accord sur tout à l'avance", a-t-il expliqué à la presse. "La réalité de la mort dans les hôpitaux allemands, dans les services de soins intensifs et dans les blocs opératoires est cruelle. C'est là qu'est le scandale", s'est-il indigné.
Son idée morbide, versant dans le voyeurisme, pose la question des limites des représentations "artistiques" des choses existentielles de la vie, telles que la naissance et la mort. La représentation artistique et le fait (divers?) devraient rester distincts, estime notamment la conservatrice de musée allemande Beatrix Kalwa, citée par la presse britannique.
Le projet de Gregor Schneider rappelle l'acte douteux de l'artiste costaricain Guillermo Vargas, qui avait exposé en 2007 un chien "mourant", affamé et attaché, en tant qu'objet d'art. L'histoire ultérieurement nuancée veut cependant que l'animal était en fait un chien errant, déjà dans un triste état lors de sa capture, qu'il a été nourri régulièrement et qu'il s'est "enfui" après une journée. Le tabou de la mort a également été évoqué par la plastination mise en oeuvre par l'anatomiste allemand Gunther von Hagens pour son exposition "Körperwelten", passée il y a plusieurs années aux Caves de Cureghem, à Anderlecht.
Sébastien Cools


