Le sélectionneur autrichien Josef Hickersberger s'est entouré de deux spécialistes: le "coach mental" Günter Amesberger et le préparateur anglais Roger Spry.
Sujette au complexe de l'outsider, l'équipe d'Autriche, plus faible nation à avoir jamais abordé la phase finale d'un Euro, fait l'objet des sollicitudes plus ou moins bienvenues d'une armée de psys au pays de Freud.
Conscient des défis posés à sa formation, 92e au classement de la Fifa et qualifiée d'office en tant que pays hôte, le sélectionneur Josef Hickersberger s'est très vite entouré de deux spécialistes: le "coach mental" Günter Amesberger et le préparateur anglais Roger Spry. Ancien conseiller de José Mourinho, lorsqu'il était entraîneur de Chelsea, et d'Arsène Wenger (Arsenal), Spry n'avait pas hésité à proclamer, lors de sa prise de fonctions fin 2006, qu'il était "persuadé" que l'Autriche pouvait devenir championne d'Europe.
Le préparateur anglais s'est bien gardé de renouveler, au moins en public, des propos aussi optimistes, mais il a quand même continué à claironner sa confiance indéfectible dans les joueurs autrichiens, les comparant à des "Ferrari" auxquelles ne manqueraient que "quelques menus réglages". Ce tandem a cependant été jugé apparemment insuffisant par de nombreux praticiens autrichiens, qui n'ont pas manqué ces dernières semaines de commenter dans les médias les hauts et surtout les bas de l'équipe.
Les arbitres aussi
Dernier épisode en date: l'annonce mercredi par Josef Hickersberger qu'il ne déciderait pas à l'avance qui de Jürgen Macho ou d'Alexander Manninger serait le gardien titulaire, en raison de "problèmes de discipline plus importants à régler" au sein de l'équipe, a suscité la réprobation de la profession.
Le psychologue du sport Norbert Paulus a dénoncé une attitude "illogique et nuisible à la performance de l'équipe", puisqu'elle revenait selon lui à sanctionner les gardiens, maintenus dans l'indécision, pour des incartades commises par d'autres joueurs. "C'est une forme de sanction collective à rejeter catégoriquement", a professé ce praticien, conseillant à l'encadrement de l'équipe de s'en tenir à des propos positifs, du type: "Il y a bien un domaine où nous serons les meilleurs". L'entraîneur a finalement tranché: la presse autrichienne a annoncé samedi que Jürgen Macho garderait les buts de la sélection face à la Croatie dimanche.
Ce type de déclaration peut prêter à sourire mais elle a contraint Günter Amesberger, "psy" officiel de l'équipe, à sortir de sa réserve pour assurer que Hickersberger était "un remarquable psychologue".
Plus ésotérique, une chromothérapeute, Hanni Reichlin-Meldegg, a tenté de consoler la sélection en assurant dans la presse que la couleur rouge de son maillot et de ses bas conférerait "force et tempérament aux joueurs". Elle a, par ailleurs, loué la tenue française, gage selon elle "de force dans les pieds grâce aux bas rouges et de tête froide grâce au maillot bleu".
Les préoccupations d'ordre psychologique ont gagné du terrain, déteignant même sur la très sérieuse UEFA. Pour la première fois, la fédération européenne a mis un psychologue, le Suisse Mattia Piffaretti, à la disposition des 12 arbitres de l'Euro. Le praticien réside même à leurs côtés à Regensdorf (Suisse). (belga)


