A la Fête de la bière, le folklore rapporte gros

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Par: rédaction
20/09/08 - 17h04
"C'est une fête tellement traditionnelle que si tu ne t'habilles pas comme ça, on ne te prend pas au sérieux. Tu n'es qu'un touriste."
Quelque 6 millions de visiteurs sont attendus, qui devraient boire au moins un litre par personne.
Performance toujours impressionnante des serveuses bavaroises capables de tenir à bout de bras 8 bières à la fois.
Toute une technique...
L'on peut découvrir à l'Oktoberfest la "gemütlichkeit" chère aux Allemands.

De la traditionnelle chope d'un litre aux culottes de peau et aux robes colorées à bustier pigeonnant, la Fête de la Bière de Munich célèbre depuis samedi le folklore bavarois, une manne pour le tourisme régional.

En dépit d'un ciel bas et d'une température fraîche, les allées de la "Wiesn", le parc de 31 hectares qui accueille pour la 175e fois l'"Oktoberfest", fourmillaient de femmes en "dirndl", cette robe aux couleurs vives, décorée de fines fleurs et ornée de dentelle, et d'hommes en culotte de peau, bretelles et chemise blanche. Y compris les plus jeunes.

Quelque 6 millions de visiteurs sont attendus, qui devraient boire au moins un litre par personne, et pourtant au-delà du succès de cette carte postale de l'"Etat libre de Bavière", la région change et se modernise: selon des sondages, les élections régionales du 28 septembre pourraient même voir les conservateurs de la CSU perdre la majorité absolue dont ils disposent depuis... 1962.

"L'âme de cette fête est en chacun ici", constate Leonardo, 30 ans, venu exprès du Brésil et coiffé d'un chapeau de feutre gris décoré d'un fanion bavarois bleu et blanc, qui connaît un franc succès. "C'est cool, c'est la tradition, la joie, la bière", ajoute enthousiaste son amie Paula, 27 ans.

Sally et Maeve, toutes deux la trentaine et respectivement néo-zélandaise et irlandaise, ont bien retenu la leçon: "C'est mon premier 'dirndl', c'est vraiment excitant", montre fièrement Maeve, de passage à Munich. "Quand tu la portes, tu te sens différente... je me sens allemande en fait! ", ajoute-t-elle en riant.

"C'est une fête tellement traditionnelle que si tu ne t'habilles pas comme ça, on ne te prend pas au sérieux. Tu n'es qu'un touriste", explique Sally, toute de rouge et de blanc vêtue, et néo-munichoise. "C'est vraiment unique, j'ai l'impression d'être une femme simple, qui s'occupe du lait des vaches! ", conclut Maeve, qui vit à Belfast.

Pas de raison donc pour les Bavarois de renoncer à leurs traditions, toujours très profondément ancrées dans une région qui est réputée tenir une place à part en Allemagne.

Chaque année, l'"Oktoberfest" rapporte environ un milliard d'euros dont la moitié est directement dépensée sous les tentes des brasseurs munichois où la chope d'un litre est vendue entre 7,80 et 8,30 euros, aux stands de produits régionaux ou dans les manèges de fête foraine, selon l'Office du tourisme.

"Pour moi, c'est mon principal marché de l'année. Les touristes ramènent de l'argent", témoigne Johann, devant son stand de pains d'épice en forme de coeur, et présent à la "Wiesn" depuis 1955. Les échoppes de gadgets en tout genre pullulent, entre le chapeau en forme de fût de bière à 18 euros, la chope avec couvercle vendue 30 euros ou l'inévitable bibelot en plastique qui se couvre de neige en le renversant pour 9,90 euros...

Au-delà, "l'Oktoberfest a un rôle économique et social important", explique Peter Kammerer, un des responsables de la chambre de commerce et d'industrie de Munich.

Sous les tentes, notamment la plus grande et la plus huppée, Schottenhamel, des tables ont été réservées depuis un an par des entreprises bavaroises. "On invite les clients, notamment les étrangers, on soigne les contacts, on approfondit les relations commerciales", selon M. Kammerer. "Les clients apprécient l'atmosphère détendue, authentique".

Et ni les organisateurs ni les commerçants ne craignent officiellement que la crise financière grignote leurs bénéfices. "Il y aura sans doute moins d'Américains, mais ce n'est pas si grave", estime Gabriele Papke, porte-parole de la Fête. Il ne devrait y avoir que 15% d'étrangers cette année, mais "les Bavarois eux prévoient chaque année leur budget". (belga)

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