Un peintre découvre des faux exposés parmi ses oeuvres
L'artiste indien Syed Haider Raza, qui inaugurait ce week-end une exposition de ses oeuvres à Delhi, s'est dit "stupéfait et outré" d'avoir découvert que la plupart de "ses" oeuvres présentées dans cette galerie d'art étaient en réalité des faux. Selon la galerie, qui a immédiatement annulé son exposition, les oeuvres provenaient pourtant de la famille du peintre.
Quelle ne fut pas la surprise de S.H. Raza, un artiste indien de 85 ans basé en France, lorsqu'il constata samedi qu'une majorité des peintures exposées à l'inauguration à laquelle il participait étaient des faux. Des amis lui ont conseillé d'entreprendre une action en justice.
Selon la propriétaire de la galerie, les peintures de l'exposition, qui devait se tenir jusqu'à la fin du mois, avaient été fournies par un neveu du peintre, qui lui aurait dit qu'elles venaient d'une ancienne maison de son oncle. Seulement deux oeuvres sur la trentaine proposée au public étaient tirées de la collection de la galerie. C'est la première fois que cet établissement lancé il y a 70 ans fait face à un tel scandale. Des excuses ont été présentées à M. Raza.
D'après les experts, il existe en Inde un marché florissant de faux copiant les artistes majeurs du pays. La propriétaire de la galerie a elle-même reconnu que cela devenait un problème majeur pour le secteur.
Après Nagpur et Bombay, S.H. Raza a étudié à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts à Paris. Il est l'un des peintres contemporains les plus célèbres d'Inde et ses oeuvres sont cotées internationalement. L'an dernier, à Londres, une de ses peintures s'est vendue aux enchères à 1,3 millions de livres Sterling.
Sébastien Cools