Nicolas Sarkozy, trou du cul du web
Le président français Nicolas Sarkozy fait une nouvelle fois les frais d'un "Google Bombing", technique de référencement visant à influencer le classement d'une page dans les résultats du moteur de recherche Google, ici employée de façon néfaste.
L'internaute qui tape "trou du cul du web" dans le champ de recherche du site Google (ne demandez pas pourquoi) voit actuellement le site sarkozy.fr, Nicolas Sarkozy - Ensemble tout devient possible, apparaître à la première place des résultats obtenus. Choisir l'option "J'ai de la chance" revient à arriver directement sur l'ancien site de campagne (officiel) de Nicolas Sarkozy. Cette manoeuvre pourrait avoir été manigancée suite à la motivation du président à faire voter une loi sur le téléchargement illégal.
Un communiqué de presse de Google daté du mercredi 22 juillet et publié à droite de la page des résultats, dans l'espace habituellement réservé aux liens commerciaux (et d'ailleurs pendant un temps juste au-dessus d'adresses de sites pornographiques qui ont sauté sur l'occasion d'exploiter le buzz), explique la situation "afin de lever toute ambiguïté": "Les résultats de recherche de Google sont générés par un algorithme qui classe, entre autres, les pages web en tenant compte de la relative popularité des sites qui pointent vers ces pages. Toutefois, en faisant appel à une pratique appelée "Google Bombing", des webmestres peuvent ponctuellement faire remonter des résultats inhabituels sur certaines requêtes. Dans ce cas précis, un grand nombre de webmestres ont utilisé l'expression en question (
jamais citée noir sur blanc par Google dans son communiqué, ndlr) pour pointer vers le site sarkozy.fr, faisant ainsi remonter ce site parmi les résultats de recherches liés à cette requête".
Le texte précise que le groupe n'excuse pas cette pratique, ni aucune pratique visant à altérer l'intégrité de ses résultats de recherche, mais n'est pas plus enthousiasmé par l'idée de modifier manuellement les résultats pour empêcher de telles informations d'apparaître, même si l'impartialité reste au centre de ses préoccupations.
En 2007, Google a mis en place un nouvel algorithme pour limiter la pratique du bombardement, mais le phénomène n'est semble-t-il pas encore vaincu.
Ce n'est pas la première fois que des internautes rusés s'en prennent au président Sarkozy. En effet, si on tape son nom dans Google, on trouve encore trace d'un précédent bombardement renvoyant au site du film adapté de la série BD
Iznogoud, dont le petit personnage au nez crochu est connu pour son idée fixe de devenir calife à la place du calife.
L'exemple peut-être le plus célèbre de Google Bombing reste celui de "miserable failure" (soit "échec lamentable", en français) qui menait à la biographie officielle du président américain George W. Bush. Un autre cas extrêmement populaire et toujours constatable actuellement est celui de l'expression "find chuck norris" utilisée avec l'option "J'ai de la chance", qui conduit à une fausse page Google indiquant que "Google ne cherchera pas Chuck Norris car il sait que c'est lui qui vous trouvera", allusion à la vague de blagues dont l'acteur américain spécialiste ès arts martiaux fait l'objet.
Sébastien Cools