Les belligérants des deux Kivu prêts à un cessez-le-feu

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Par: rédaction
21/01/08 - 21h33

Les groupes armés des deux Kivu, provinces de l'est de la République démocratique du Congo, ont affirmé lundi soir leur volonté de signer un "acte d'engagement" pour un cessez-le-feu immédiat et un désengagement progressif sur le terrain.

Réunis en session plénière de la conférence de paix sur les Kivu à Goma (capitale du Nord-Kivu), les délégués des groupes armés congolais actifs dans les deux provinces ont adopté, en l'amendant très légèrement, le texte présenté dans l'après-midi aux belligérants du Nord-Kivu. "Le projet d'acte d'engagement vient d'être adopté à l'unanimité par les groupes armés des Nord et Sud-Kivu", s'est félicité Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale congolaise et porte-parole de la conférence, à l'issue de la plénière.

"Cet acte sera signé demain (mardi)", a-t-il ajouté, précisant qu'une nouvelle session plénière réunirait dans la matinée les participants à la conférence de Goma pour l'adoption de "recommandations" pour la paix et le développement dans les Kivu. Ces "recommandations" et l'"acte d'engagement" des belligérants seront signés mardi après-midi, en présence du président Joseph Kabila, au cours de la cérémonie de clôture de la conférence, a-t-il précisé. Ce projet d'"acte d'engagement (...) pour la paix, la sécurité et le développement durable" des "mouvements politico-militaires" (et non plus "groupes armés" comme dans la première version) des Kivu prévoit l'"arrêt total et immédiat des hostilités" dans les deux provinces.

L'"ordre formel" de "cessez-le-feu" sera communiqué par les groupes armés à leurs "troupes respectives par écrit, avec copie à la Mission de l'ONU en RDC (Monuc)", qui a déployé au Nord-Kivu 4.500 de ses 17.000 Casques bleus. Tous devront s'abstenir de "poser des actes nuisibles à la paix", incluant tout "mouvement de forces", "tentative d'occupation de nouvelle position", "approvisionnement en armes et munitions". Une "commission technique" sera instituée pour déterminer "les zones de désengagement" des troupes belligérantes et des zones "tampon", où seront déployés des Casques bleus pour veiller au respect du cessez-le-feu et à la sécurisation des populations civiles.

Le texte revu lundi soir prévoit aussi la présence "d'observateurs de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe) et de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale)". Le document prévoit "le début de mise en oeuvre" du désarmement et rapatriement des combattants étrangers présents sur le sol congolais - en premier lieu des rebelles hutus rwandais dont certains ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis. Dans ce texte, Kinshasa s'engage aussi à présenter "un projet de loi d'amnistie pour 'faits de guerre et insurrectionnels' " excluant les crimes de guerre, contre l'humanité et de génocide (ce dernier chef d'accusation ayant été rajouté lundi soir).

Ce dernier point a fait l'objet de débats passionnés parmi les conférenciers, certains combattants locaux Maï Maï et représentants des communautés ethniques étant farouchement opposés à une "amnistie" pour les cadres du camp du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda. Certains proches du président Kabila, qui suit de près les travaux de la conférence, réclament toujours l'arrestation de Laurent Nkunda, visé par un mandat pour crimes de guerre. D'autres proches du président et des notables locaux plaident pour un compromis et font valoir que la faiblesse de l'armée congolaise, qui a été défaite en décembre au Nord-Kivu par les troupes de Nkunda, ne permet pas d'envisager une "solution militaire" à la crise.

La signature et l'application de "l'acte d'engagement" marquerait la fin de violences qui continuent de déchirer - depuis la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2003) - les Kivu, qui comptent au total plus d'un million de déplacés de guerre. (afp)

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