Les mouvements palestiniens les plus radicaux ont ouvert mercredi une "conférence nationale" à Damas avec l'ambition affichée de surmonter la division des Palestiniens en pleine crise du blocus imposé à Gaza par Israël.
"C'est la réunion des droits et de la résistance", a lancé d'emblée le chef du Hamas en exil à Damas, Khaled Mechaal, dans un discours devant un parterre de personnalités palestiniennes. Le Hamas, le Jihad islamique, et le Font populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), basés à Damas, sont parmi les organisateurs de la rencontre de trois jours. Mais celle-ci se déroule sans les trois partis historiques, le Fatah du président Mahmoud Abbas et les Fronts démocratique et populaire de libération de la Palestine (FDLP et FPLP).
Blocus
M. Mechaal, dont le mouvement a pris le contrôle de la bande de Gaza par un coup de force contre le Fatah en juin, a dénoncé "le blocus imposé à Gaza". "Nous sommes devant une tromperie israélienne. Faire livrer du fuel et de la nourriture n'est pas l'objectif. Nous voulons la levée du blocus", a affirmé M. Mechaal. Depuis jeudi dernier, Israël, dont le sud du territoire a été soumis à une intensification des tirs de roquettes, impose un blocus à la bande de Gaza.
Israel a desserré quelque peu son étau mardi en permettant notamment des livraisons de carburant à Gaza pour alimenter l'unique centrale électrique du territoire. "Le blocus est une tragédie, un crime immoral. J'appelle à la poursuite de la colère populaire contre les sionistes et les Américains jusqu'à la levée du blocus", a-t-il martelé alors que des dizaines de milliers de Palestiniens de Gaza ont forcé mercredi la frontière avec l'Egypte pour aller s'y ravitailler.
Colère
"Le combat ne se terminera que par la libération de la Palestine, toute la Palestine", a-t-il ajouté. Outre le blocus, Israël a mené une série d'attaques dans la bande de Gaza faisant 41 morts, notamment des activistes du Hamas. M. Mechaal, qui réside à Damas en compagnie d'autres membres du bureau politique du Hamas, a remercié la Syrie d'accueillir cette réunion.
"La Syrie a fait fi des accusations et des pressions", a-t-il dit. Tous les orateurs, dont le chef du Jihad islamique, Ramadan Challah, et un représentant du Hezbollah chiite libanais, Ibrahim Amine Sayyed, ont dénoncé la politique américaine. Le secrétaire général-adjoint du FPLP-CG, Talal Naji, a accusé les Etats-Unis d'ourdir "un plan pour semer la discorde" au Proche-Orient. Il a critiqué la récente visite du président américain George W. Bush dans la région.
Résistance
"Bush veut supprimer le droit des (réfugiés) palestiniens au retour, préserver les colonies sionistes", a-t-il dit. "Le droit au retour est un droit sacré et inaliénable. Jérusalem est la capitale de l'Etat palestinien indépendant", a-t-il lancé. Le président Bush avait proposé lors de sa tournée en Israel et Cisjordanie un mécanisme international d'indemnisation pour résoudre la question des réfugiés palestiniens.
"Notre peuple palestinien livre toujours une guerre de libération nationale", selon M. Naji qui a appelé à "amplifier la résistance contre l'occupation sioniste". Selon lui, la réunion entend "remédier à la division des Palestiniens", une référence au conflit qui oppose l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas au Hamas. Il a appelé les nations arabes à "résister face à l'assaut impérialo-sioniste contre la région (...) qui porte atteinte à la nation arabe entière".


