Le chef du gouvernement italien Romano Prodi pourrait jeter l'éponge et annoncer sa démission avant le vote du Sénat jeudi où son échec est quasi-certain, selon une suggestion du président de la République Giorgio Napolitano, ont rapporté les agences de presse italiennes.
"Selon des sources gouvernementales, le président Giorgio Napolitano aurait suggéré à M. Prodi de réfléchir à la possibilité de ne pas se soumettre au vote de confiance du Sénat", affirment les deux agences, Ansa et RadioCor. M. Prodi devrait prendre sa décision après le vote de confiance de la Chambre des députés, qu'il est certain de remporter, prévu mercredi en fin de journée.
Les agences ont fait état de ce scénario peu après une rencontre d'une demi-heure, à la mi-journée, entre MM. Prodi et Napolitano. La majorité de la presse italienne donne M. Prodi battu jeudi au Sénat et de nombreuses voix au sein de son propre parti sont opposées à ce qu'elles considèrent comme une épreuve inutile qui aggraverait encore la crise.
"S'il n'a pas les voix nécessaires au Sénat, Prodi pourrait ne pas venir. Ce serait une possibilité", avait déclaré le chef des communistes au Sénat, Giovanni Russo Spena. Selon le quotidien La Stampa de mercredi, "les ténors de la gauche sont terrorisés face à la perspective d'élections anticipées" et souhaiteraient un gouvernement de transition. Trois sondages donnent la droite gagnante de 10-12 points sur la gauche par 54,5%/56% contre 44/45%.
"Son obstination n'aide pas le président de la République Giorgio Napolitano et des élections anticipées n'ont jamais été aussi proches. Pratiquement plus personne ne croit à l'avenir du centre-gauche et pourtant Prodi mène sa bataille sans en tenir compte", critiquait aussi Stefano Folli, l'éditorialiste du quotidien Il Sole-24 Ore.


