Christine Lagarde, ministre française de l'Economie
La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a estimé lundi que la Société Générale a vraisemblablement "fait ce qu'elle devait faire" après la découverte d'une fraude massive qui a, selon la banque, coûté 4,9 milliards d'euros.
"Il n'y a aucune raison de douter que la banque ait fait ce qu'elle devait faire au vu de la réglementation", a déclaré Mme Lagarde sur la chaîne de télévision France 2. Le trader mis en cause par la banque pour cette fraude, Jérôme Kerviel, pourrait être présenté à la justice lundi en début d'après-midi, à l'issue de sa garde-à-vue qui a été prolongée dimanche pour 24 heures. La Société Générale maintient depuis la révélation du scandale, jeudi dernier, la thèse du "trader isolé".
Mais les avocats de M. Kerviel ont accusé la banque de vouloir "élever un écran de fumée" pour détourner l'attention du public sur des "pertes beaucoup plus substantielles", et d'avoir provoqué elle-même des pertes de près de 4,5 milliards d'euros en liquidant des positions "qui auraient pu se redresser avec le temps". "La Société Générale s'est rapprochée dès dimanche (20 janvier, ndlr) du gouverneur de la Banque de France et du président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour vérifier ce qu'il convenait de faire en l'état des réglementations", a indiqué Mme Lagarde.
"La question qui se pose aujourd'hui, c'est 'que faire pour éviter que ça se reproduise?'", a poursuivi la ministre, qui remettra d'ici vendredi au Premier ministre François Fillon le rapport qu'il lui a demandé sur cette fraude. Selon Mme Lagarde, ce rapport répondra à quatre questions: "le déroulé chronologique des faits", "pourquoi les contrôles n'ont pas marché", comment les banques peuvent-elles améliorer leurs contrôles, et enfin "est-ce que la réglementation bancaire et boursière ont été respectées? ".
La ministre de l'Economie a également estimé que l'opération de recapitalisation annoncée par la Société Générale, qui est déjà sécurisée, la mettait à l'abri d'une éventuelle OPA. "La Société Générale n'est pas contrainte de s'adosser à un quelconque autre établissement financier", a-t-elle jugé.


