Kerviel reconnaît avoir dissimulé ses opérations

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Par: rédaction
28/01/08 - 12h22
Jérôme Kerviel

Jérôme Kerviel, le trader accusé par la Société Générale d'être l'auteur d'une fraude record, a "admis", lors de sa garde à vue, avoir agi pour "dissimuler" ses actions sur le marché, a annoncé le procureur de Paris, Jean-Claude Marin. Une information judiciaire a été ouverte.

"Pas d'enrichissement personnel"
Mais il "n'a pas agi à son profit direct et personnel", selon les explications qu'il a fournies aux enquêteurs, a indiqué M. Marin lors d'une conférence de presse. Le procureur de Paris a annoncé que le parquet allait demander le placement en détention provisoire de Jérôme Kerviel. Le parquet de Paris a également ouvert une information judiciaire notamment "pour faux et usage de faux" et "introduction dans un système automatisé de données informatiques", a ajouté M. Marin.

"Fraudeur formidablement dissimulateur"
Mais selon le procureur, l'enquête "ne démontre pas une absolue défaillance des systèmes (de protection) de la Société Générale". L'avocat de Jérôme Kerviel, Christian Charrière- Bournazel, s'était déclaré lundi matin "convaincu" que Jérôme Kerviel, serait remis en liberté à l'issue de sa garde à vue qui devrait intervenir cette après-midi. Interviewé juste avant lui, le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, a qualifié M. Kerviel de "fraudeur formidablement dissimulateur" pour expliquer comment le trader de 31 ans avait réussi à déjouer tous les systèmes de contrôles internes.

"Aucun intérêt personnel"
"Daniel Bouton prend la responsabilité des propos qu'il tient et qui sont diffamatoires", a réagi Me Charrière-Bournazel. Jérôme Kerviel "est un garçon qui n'a pris aucun intérêt personnel, aucun centime, tout le monde le sait. L'expression de fraudeur est tout à fait déplacée et l'attitude de la banque, elle, est incompréhensible", a poursuivi l'avocat.

"Ecran de fumée"
Les avocats de M. Kerviel ont accusé la banque de vouloir "élever un écran de fumée" pour détourner l'attention du public sur des "pertes beaucoup plus substantielles", et d'avoir provoqué elle-même des pertes de près de 4,5 milliards d'euros en liquidant des positions "qui auraient pu se redresser avec le temps".

"Pas de complot"
Le PDG de la Société Générale a réfuté ce lundi sur Europe 1 les "théories du complot" qui feraient du trader mis en cause par la banque un agent au service d'une banque russe ou une victime expiatoire de la crise des "subprimes". Une rumeur, dont le président de la radio, Jean-Pierre Elkabbach, s'est fait l'écho, prête à Jérôme Kerviel l'intention d'avoir voulu "faire sauter la Société Générale au profit d'une banque russe".

Rosbank
Interrogé à ce sujet, M. Bouton a rappelé que la Société Générale était effectivement "en train d'acheter" Rosbank, le deuxième réseau bancaire de Russie, dont elle était déjà actionnaire. Il a précisé que l'acquisition serait finalisée le 11 février et que la banque avait largement de quoi la payer. "Quant aux gens qui vont expliquer des grandes théories pour dire que c'est un complot en provenance de Mars ou de Jupiter, très bien, mais ne le croyez pas", a-t-il dit.

Bouton réfute les accusations
M. Bouton a également rejeté les accusations des avocats de M. Kerviel, qui affirment que la banque a voulu "élever un écran de fumée" pour masquer ses pertes. "Je n'ai pas envie de rire, mais ça, ça me fait vraiment sourire : comment voulez-vous imaginer que nous ayons pu cacher un trou par un autre trou ? C'est complètement idiot", a indiqué M. Bouton.

"Nous connaissons les pertes"
"S'il y avait un autre trou ailleurs, il aurait été complètement détecté" par les commissaires aux comptes, a-t-il souligné, avant de rappeler que la banque avait "gagné avant cette fraude 5,5 milliards d'euros brut malgré les conditions très difficiles" de marché. "Les pertes, nous les connaissons, ce sont les positions que nous avons soldées dans le courant de la semaine, c'est 4,820 milliards et quelque".

"Position dissimulée"
Le PDG a par ailleurs contesté que M. Kerviel ait fait gagner 1,5 milliard d'euros à la banque, comme l'affirme son avocat. "Il ne nous a jamais fait gagner de l'argent", a assuré M. Bouton, ajoutant qu'il "a gagné de l'argent par ailleurs, un petit peu, sur son métier normal". "Mais il n'a jamais fait gagner de l'argent à la Société Générale sur cette position frauduleuse puisqu'elle était dissimulée, elle n'était jamais rapportée dans nos comptes", a-t-il insisté. "Donc, c'est dans le virtuel que cette position lui permettait de dire qu'il avait gagné de l'argent", a-t-il conclu.

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