L'Eufor Tchad-RCA sera pleinement opérationnelle à la mi-mai

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Par: rédaction
29/01/08 - 17h20

La force militaire de 3.700 hommes que l'Union européenne a décidé d'envoyer au Tchad et en Centrafrique afin d'assurer la sécurité dans cette région voisine du Darfour atteindra une "capacité opérationnelle initiale" début mars, a affirmé mardi son commandant, le général irlandais Patrick Nash, qui a mis les rebelles en garde contre toute attaque visant ses troupes.

Les premiers éléments de cette opération, baptisée EUFOR Tchad-RCA, se déploieront cette semaine, a précisé l'officier au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, au lendemain de la décision formelle de lancement prise lundi par les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'UE.

La "force d'entrée initiale" sera composée d'Autrichiens -dont les premiers sont attendus cette semaine au Tchad-, de Belges et de Français, ainsi que d'Italiens, chargés de faire fonctionner un hôpital de campagne. Ils devront préparer le déploiement du reste des éléments, de faire de la reconnaissance, a expliqué l'officier.

Un quartier général "avancé", dirigé par le général français Jean-Philippe Ganascia, se trouve déjà à N'Djamena, la capitale tchadienne, et s'installera ensuite à Abeché, dans l'est du Tchad, près de la frontière soudanaise, a ajouté le général Nash.

Selon lui, la force européenne devrait être "pleinement opérationnelle" vers la mi-mai, avant la saison des pluies, avec des contingents de quatorze des 27 pays de l'UE, pour assurer durant un an la "soudure" avec une opération de l'ONU.

Les principays pays qui engageront des troupes sont la France (2.100 soldats), l'Irlande et la Pologne (400 chacune). La Suède fournira 200 hommes et l'Autriche 160. Neuf autres pays ont promis aussi des contributions, parfois à confirmer: la Belgique (de 80 à 100, avec l'appoint éventuel d'un ou de deux avions), l'Espagne, la Finlande, la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie et la Slovénie.

Le général Nash a ajouté qu'il espérait encore obtenir des moyens supplémentaires, notamment de transport aérien, auprès de certains partenaires, rappelant que l'EUFOR devrait "couvrir" une zone de terrain "austère" de 350.000 km² -soit près de douze fois la Belgique- avec ses 3.700 hommes. Mais nous disposons de suffisament de moyens pour débuter, a-t-il dit en substance.

Il a rappelé que la force européenne a un mandat très clair de l'ONU, celui de protéger les réfugiés, les personnels de l'ONU et les humanitaires. "En cas d'attaque, l'EUFOR est habilitée à ouvrir le feu", a-t-il souligné.

Interrogé sur l'attitude des militaires européens envers les rebelles tchadiens et soudanais traversant la frontière entre les deux pays, il a assuré que ses hommes ne la franchiraient pas. "Ce n'est pas notre affaire s'ils (les rebelles) n'interfèrent pas avec notre mission", a-t-il souligné.

L'EUFOR devra veiller à la sécurité de 241.000 réfugiés soudanais du Darfour dans l'est du Tchad et de 3.000 autres dans le nord-est de la Centrafrique, ainsi que des 179.000 Tchadiens et 20.000 Centrafricains déplacés, à l'intérieur de leurs pays respectifs, par les violences.

Le général Nash, qui commandera l'opération depuis un quartier général installé au Mont-Valérien à Paris, a assuré que l'EUFOR serait une entité "séparée et indépendante" de l'opération française Epervier, présente au Tchad depuis les années 1980, en vertu d'un accord bilatéral, et disposant notamment d'avions de combat Mirage F-1.

Le représentant spécial de l'UE au Soudan, Torben Brylle, a quant à lui fait part de sa préoccupation face au retard de déploiement de la Mission des Nations Unies au Darfour (MINUAD, la force "hybride" de l'ONU et de l'Union africaine dans cette province du sud du Soudan). "Nous voyons avec préoccupation les délais et les difficultés de la MINUAD. Nous croyons qu'il pourrait y avoir des synergies positives du déploiement simultané des deux opérations... C'est regrettable (que cela ne soit pas le cas)", a-t-il dit devant la presse. (belga)

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