Nouvelles arrestations de dirigeants de Batasuna

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Par: rédaction
4/02/08 - 17h15
Fernando Barrena.
Patxi Urrutia(au centre) et Fernando Barrena (à droite).

Le parti indépendantiste basque interdit Batasuna a connu un nouveau coup dur lundi avec l'arrestation de deux de ses derniers dirigeants encore en liberté, Pernando Barrena et Patxi Urrutia, sur ordre du juge espagnol Baltasar Garzon, a-t-on appris de source judiciaire.

Organisation terroriste
Pernando Barrena et Patxi Urrutia sont soupçonnés "d'appartenance à une organisation terroriste", a indiqué cette source. Ils ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête qui avait déjà conduit à l'interpellation en octobre 2007 de 19 membres de la direction de Batasuna, alors réunis en "assemblée clandestine" au Pays Basque espagnol (nord), dont 17 ont été incarcérés.

Une autre dirigeante de Batasuna, Marije Fullaondo, avait ensuite été arrêtée puis incarcérée en décembre dans le cadre de la même enquête de l'Audience nationale, principale instance pénale espagnole. Le chef emblématique de Batasuna, Arnaldo Otegi, est également en prison, depuis son arrestation le 8 juin dernier, trois jours après la fin du cessez-le-feu de l'organisation indépendantiste armée ETA.

Pernando Barrena avait pris plusieurs fois publiquement la parole depuis cette vague d'arrestations. Sa dernière comparution remonte à samedi dernier lorsqu'il avait donné une conférence de presse à Pampelune (Navarre, nord). Il était avec Arnaldo Otegi, Joseba Permach et Joseba Alvarez, l'un des principaux porte-paroles du parti, interdit en Espagne depuis 2003 pour ses liens avec l'organisation indépendantiste basque armée ETA dont il ne condamne pas explicitement la violence.

Elections législatives
Ces arrestations, à moins de cinq semaines des élections législatives du 9 mars en Espagne, illustrent une nouvelle fois le durcissement de l'attitude de la justice espagnole envers l'ETA et sa mouvance politique, amorcé après la rupture du cessez-le-feu de l'organisation armée en juin 2007.

Elles interviennent alors que le juge Garzon doit se prononcer prochainement sur la suspension des activités de deux partis basques soupçonnés d'avoir remplacé Batasuna, lors des deux dernières élections: le Parti communiste des terres basques (PCTV) et ANV (Action nationaliste basque). Le Tribunal suprême espagnol devra parallèlement décider d'une possible mise hors la loi de ces deux partis, de manière à empêcher leur participation au scrutin du 9 mars.

L'ETA, considérée comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis, est tenue pour responsable de 819 morts en Espagne en 40 ans de campagne d'attentats pour l'indépendance du Pays Basque. (afp)

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