Des milliers de civils fuyaient lundi N'Djamena, où régnait un calme précaire et où l'armée tchadienne affirme avoir repoussé l'assaut des rebelles, condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais qui promettaient de repasser incessamment à l'offensive.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a lundi "condamné fermement les attaques perpétrées par des groupes armés contre le gouvernement tchadien" et rappelé son soutien "à la souveraineté, l'unité, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique du Tchad", dans une déclaration non contraignante. Le Conseil a aussi appelé "les Etats membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad".
Pour sa part, le Congo a annoncé qu'il allait dépêcher mardi à N'Djamena des émissaires pour tenter d'élaborer "une solution pacifique" à la crise tchadienne. Dans N'Djamena, que des milliers d'habitants ont fui vers le Cameroun voisin pour échapper aux combats, l'armée semble avoir repris le contrôle de la situation. "Mais ce n'est pas forcément terminé, il y a une colonne rebelle d'au moins une trentaine de pick-up pas loin, à l'entrée nord de la ville", a affirmé une source militaire.
"Les gens se rappellent de la guerre civile en 1979, beaucoup de monde avait été coincé en ville à l'époque. Alors ils partent (...), tout le monde a peur", a confirmé par téléphone une commerçante tchadienne. Le ministre des Mines, le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations gouvernementales, a assuré de son côté que "l'ennemi (était) complètement en débandade". Mais l'alliance rebelle, qui a traversé tout le pays d'est en ouest en une semaine pour attaquer N'Djamena, évoque un retrait purement tactique. Un des chefs de l'alliance des rebelles, Timan Erdimi, a affirmé que ses forces se trouvaient aux entrées nord et sud-est de N'Djamena.
"Nous attendons une colonne de renforts qui doit arriver incessamment. Dès qu'elle arrive, on va faire mouvement vers le centre", a-t-il expliqué lundi après-midi. Des experts étrangers évoquaient un avantage logistique à terme pour le président Idriss Deby , qui dispose de munitions dans la capitale et de réserves en carburant à l'aéroport, protégé par le dispositif français Epervier. Les bases arrière des rebelles se trouveraient, elles, à plusieurs centaines de kilomètres. (afp)


