Le chef de la droite italienne Silvio Berlusconi a réclamé "des élections immédiates, la meilleure solution" pour sortir de la crise, condamnant de facto la mission du président du Sénat qui devait être reçu lundi soir par le chef de l'Etat pour rendre compte de ses consultations.
"Nous sommes convaincus que la meilleure solution pour affronter les graves problèmes du pays est de donner à l'Italie un gouvernement légitime par le biais d'élections populaires et qui puisse être immédiatement opérationnel", a déclaré à la presse M. Berlusconi, à la sortie de sa rencontre avec le président de la Chambre haute, Franco Marini. Le chef de la droite a "totalement" rejeté l'idée de mettre en place un gouvernement intérimaire, le temps de faire voter une réforme électorale avant un retour aux urnes, comme le souhaitent le chef de l'Etat Giorgio Napolitano et la quasi-totalité de la gauche.
Ce serait "inutile" et représenterait "une perte de temps dommageable" pour le pays, a-t-il jugé, affirmant que la loi actuelle, accusée de favoriser les petits partis et de rendre le pays difficilement gouvernable, avait donné "de bons résultats". Cette loi a été votée pendant le mandat de M. Berlusconi en décembre 2005, quelques mois avant les législatives d'avril 2006 remportées de justesse par la gauche. M. Marini, qui a terminé quatre jours de consultations avec les responsables politiques, devait être reçu à 17H30 GMT par le chef de l'Etat pour rendre compte de sa mission.
"Marini a échoué. Il n'a pas formulé de propositions audacieuses qui auraient pu mettre Berlusconi en difficulté. Il a géré les négociations comme un notaire. Maintenant, Napolitano n'a d'autre choix que d'annoncer une dissolution du Parlement", a déclaré Roberto D'Alimonte, professeur de sciences politiques. Sans surprise, le dirigeant du centre-gauche et maire de Rome Walter Veltroni a pris le contre-pied de M. Berlusconi, réclamant la mise en place d'un gouvernement de transition pendant trois mois, le temps de faire voter une réforme électorale.
"Trois mois, pas 30 ans" ou ce sera encore "une occasion perdue" pour l'Italie, a plaidé le chef du nouveau Parti démocrate (PD), évoquant le risque d'une Italie "ingouvernable" si des élections avaient lieu avec l'actuel mode de scrutin. M. Marini a été chargé mercredi dernier par le chef de l'Etat d'examiner les possibilités d'un accord entre les partis sur une réforme électorale avant un retour aux urnes, après la démission du gouvernement de Romano Prodi le 24 janvier. Le gouvernement Prodi n'a duré que 20 mois, miné par les divisions au sein d'une coalition de 13 partis.
Selon un sondage publié vendredi par l'hebdomadaire L'Espresso, la droite italienne devancerait la gauche de 16 points en cas d'élections avec 58% des intentions de vote contre 42%. Egalement reçu lundi, le plus important allié de M. Berlusconi, Gianfranco Fini, chef de l'Alliance nationale (droite conservatrice), a déclaré que "les conditions n'étaient pas remplies pour trouver une majorité qui pourrait soutenir un gouvernement réformant la loi électorale". Face au blocage de la droite, il semble donc que Giorgio Napolitano n'ait d'autre choix que de dissoudre le parlement, deux ans seulement après les dernières législatives. Le scrutin doit avoir lieu 45 jours au plus tôt et 70 jours au plus tard après la dissolution des chambres. (belga)


