"Le message aux Serbes est de rester au Kosovo"

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Par: rédaction
5/02/08 - 12h59

Le Premier ministre kosovar Hashim Thaçi a demandé mardi aux Serbes du Kosovo de rester dans la province quand elle deviendra indépendante, lors d'un premier contact avec des Serbes depuis qu'il dirige le gouvernement du Kosovo.

"Le message aux Serbes est de rester au Kosovo. C'est le pays de tout le monde", a-t-il dit après avoir rendu visite à l'une des 49 familles serbes du village de Rubovc, à 35 km au sud de Pristina, la capitale du Kosovo. "Je demande aux réfugiés qui ont quitté le Kosovo et qui vivent en Serbie et au Monténégro de revenir chez eux", a ajouté l'ancien chef de la guérilla séparatiste albanaise.

Indépendance
M. Thaçi a effectué cette visite alors que les préparatifs s'accélèrent pour une proclamation d'indépendance du Kosovo qui pourrait intervenir courant février. Les leaders albanais du Kosovo ont indiqué qu'ils proclameraient l'indépendance après la présidentielle serbe qui a conduit, dimanche dernier, à la réélection du président Boris Tadic, favorable au rapprochement avec l'Union européenne (UE).

"Le gouvernement garantit cela : je serai personnellement impliqué avec les autorités internationales pour construire un nouveau Kosovo pour tout le monde", a dit M. Thaçi à Rubovc, où vivent également 120 familles albanaises. "Nous n'allons pas tolérer d'incidents. Nous n'allons pas tolérer d'actes de revanche", après la prochaine indépendance, a-t-il souligné.

Craintes de représailles
Quelque 200.000 Serbes craignant des représailles de la part de la majorité albanaise du Kosovo, ont quitté la province après le conflit de 1998-1999 marqué par une répression, sur fond de nettoyage ethnique, des forces serbes contre la guérilla indépendantiste albanaise du Kosovo. En mars 2004, de violentes émeutes anti-serbes ont fait 19 morts et quelque 900 blessés.

"Je vais être avec vous et prêt de vous", a dit M. Thaçi en s'adressant aux familles serbes de Rubovc. "Je vais travailler pour le bien de tout le monde", a-t-il ajouté. M. Thaçi est devenu Premier ministre en début janvier après des élections législatives au Kosovo en novembre 2007 qui ont donné la victoire à son parti, le Parti démocratique du Kosovo (PDK). Par ailleurs, le président du Parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Poettering, a pressé l'Union européenne (UE) d'envoyer "un signal fort" à la Serbie pour lui indiquer qu'elle serait "un jour la bienvenue" dans l'UE, alors que le Kosovo se prépare à déclarer son indépendance.

"Il est maintenant inévitable que le Kosovo obtienne son indépendance et c'est bien sûr un grand problème pour la Serbie, donc nous devons faire très attention" à la politique de l'UE à ce sujet, a déclaré M. Poettering, lors d'une conférence de presse à Tokyo tenue dans le cadre d'une visite d'une délégation du Parlement de l'UE au Japon.

Aval européen
Le Kosovo, très majoritairement peuplé d'Albanais, s'apprête à déclarer son indépendance de la Serbie, une option acceptée par l'UE. Les Serbes ont réélu dimanche leur président réformateur Boris Tadic, démontrant une volonté de rapprochement avec l'UE, malgré l'opposition unanime des Serbes à l'indépendance du Kosovo. Un accord UE-Serbie doit être signé jeudi. Il prévoit notamment d'augmenter le nombre d'étudiants serbes dans l'UE et d'oeuvrer à l'instauration d'une zone de libre-échange entre l'UE et la Serbie.

Ce texte est toutefois loin de la première grande étape vers l'adhésion de la Serbie à l'UE que constituerait la signature d'un accord d'association UE-Serbie. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a reconnu que la signature d'un tel accord restait difficile à réaliser faute de "pleine coopération" de Belgrade avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. (afp)

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