Les Etats-Unis organisent de nouvelles consultations électorales à partir de samedi pour départager les prétendants démocrates à la présidentielle de novembre, Hillary Clinton et Barack Obama, alors que côté républicain John McCain a le champ libre après l'abandon de Mitt Romney.
Avec sept Etats s'apprêtant à voter au cours du week-end et mardi 12 février, les deux rivaux démocrates, que le "super mardi" n'a pas réussi à départager, traquent le moindre des 2.025 délégués requis pour obtenir l'investiture du parti lors de la convention organisée au mois d'août. Le sénateur John McCain, désormais quasi certain d'obtenir l'investiture républicaine après l'abandon de Mitt Romney, s'efforce quant à lui de séduire l'aile dure de son parti qui apprécie peu son comportement de franc-tireur.
En outre, maintenant que le sénateur de l'Arizona paraît indéboulonnable, la pression monte pour que les démocrates s'unissent rapidement derrière un candidat. Et chaque consultation électorale peut désormais s'avérer déterminante, même dans des petits Etats qui d'habitude votent de façon purement symbolique. Le sénateur de l'Illinois Barack Obama en campagne vendredi dans le Nebraska (centre), s'est présenté comme le plus apte à battre M. McCain. "Je suis impatient de débattre avec John McCain, parce que je sais comment m'adresser aux indépendants, parce que j'ai des soutiens républicains, et que c'est ce qu'il va nous falloir pour gagner", a-t-il affirmé.
De son côté, l'ex-Première dame a également affirmé à Arlington, en Virginie (est) jeudi, qu'elle était la mieux placée face à M. McCain, car elle dit offrir "l'expérience de toute une vie". Le camp Clinton, qui avait proposé des discussions directes entre les deux candidats démocrates, a en outre accusé vendredi M. Obama de chercher à y échapper. "Si vous n'êtes pas prêts débattre avec la sénatrice Clinton, vous allez avoir des problèmes à débattre avec John McCain", a lancé le porte-parole de Mme Clinton Howard Wolfson.
Des caucus républicains sont prévus samedi au Kansas (centre) et dans l'Etat de Washington (nord-ouest). Des primaires républicaines et démocrates auront lieu en Louisiane (sud). Les démocrates organisent également des caucus dans l'Etat de Washington ainsi que dans le Nebraska (centre). Mardi, les deux partis organisent aussi des consultations dans trois Etats de l'Est: le Maryland, la Virginie et le District de Columbia (ville de Washington).
Selon le site internet RealClearPolitics, Hillary Clinton se trouvait légèrement en tête vendredi en ce qui concerne le décompte des délégués, avec 1.077 délégués, contre 1.005 pour M. Obama. Après l'abandon de M. Romney, John McCain de son côté, n'a pas perdu une seconde pour dégainer un projet de va-t-en-guerre, très proche du credo de politique étrangère de l'administration Bush afin de séduire l'aile dure de son parti. Il a promis jeudi de gouverner avec "une approche clairement conservatrice" devant la Conférence annuelle du mouvement conservateur américain (CPAC).
Le président américain George W. Bush, s'adressant au même auditoire vendredi matin, a appelé du bout des lèvres et sans le nommer ses alliés à soutenir M. McCain. Aux cris de "quatre ans de plus", scandés par l'auditoire, le président Bush a déclaré: "Nous aurons bientôt un candidat qui portera la bannière conservatrice dans cette élection et au delà".
Certains conservateurs semblaient résignés à soutenir M. McCain. "Il faut faire avec ce qu'on a", a ainsi déclaré l'ancien parlementaire du Texas, Dick Armey, figure des conservateurs. Mais d'autres se montraient plus sceptiques vendredi. "Je ne pense pas qu'il se soit fait beaucoup d'amis ici aujourd'hui", a notamment déclaré l'ancien parlementaire Tom Delay, autre figure conservatrice. (afp)


