Recep Tayyip Erdogan.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a reproché samedi aux Européens de laisser les séparatistes du PKK récolter des fonds chez eux et de relâcher les terroristes qu'ils capturent.
La Turquie a besoin de ses alliés pour lutter contre le PKK, considérée comme une organisation terroriste par l'Union européenne comme par les Etats-Unis, a déclaré M. Erdogan à l'ouverture de la conférence annuelle sur la sécurité à Munich (Bavière). "Malgré ça, le PKK continue à opérer sous des noms différents dans de nombreux pays européens", a souligné le Premier ministre turc. Rien que dans un pays européen, le PKK a collecté 5 millions d'euros, a-t-il affirmé sans nommer ce pays.
Le conflit entre le PKK et la Turquie, dont les débuts remontent à 1984, a coûté la vie à plus de 37.000 personnes. De plus, quand des "criminels" membres d'organisations terroristes sont arrêtés en Europe, ils sont parfois relâchés, a noté M. Erdogan. "C'est difficile de comprendre pourquoi". La cour d'appel d'Anvers a acquitté jeudi du chef d'accusation d'appartenance à un groupe terroriste sept Turcs qui avaient été condamnés en 2006 comme membres du mouvement turc d'extrême gauche DHKP-C.
Ankara avait estimé vendredi que cette décision portait un coup à la lutte internationale contre le terrorisme et encouragerait les groupes illégaux. "Le terrorisme est un problème international" et "les pays qui appliquent une politique de deux poids deux mesures" seront menacés à leur tour, a mis en garde le Premier ministre turc. "Les terroristes n'épargnent pas les pays qui les ont aidés".
M. Erdogan a encore répété que la Turquie voulait devenir un membre à part entière de l'Union européenne, comme celle-ci s'y est engagée depuis des décennies, et ne se contenterait pas d'un "partenariat privilégié" comme le propose le président français, Nicolas Sarkozy. "On ne change pas les règles du jeu pendant la partie", a-t-il insisté. (belga)


