Psychodrame municipal à "Sarkoville"

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Par: rédaction
11/02/08 - 17h18
David Martinon, porte-parole de l'Elysée a renoncé à se présenter à Neuilly.

La campagne pour les élections municipales en France a tourné au psychodrame à Neuilly-sur-Seine, fief de Nicolas Sarkozy baptisé "Sarkoville", où le porte-parole de l'Elysée, dépêché pour reprendre la mairie, a été évincé par le propre fils du président.

Sarkozy refuse sa démission
David Martinon, 36 ans, tête de liste de la droite, a finalement annoncé lundi qu'il renonçait à briguer la mairie de cette ville huppée de l'ouest parisien, dirigée par Nicolas Sarkozy pendant 19 ans et qui a voté pour lui à 86% lors de l'élection présidentielle de 2007. M. Martinon a aussi indiqué avoir présenté sa démission du poste de porte-parole de la présidence, démission qui a été refusée par le chef de l'Etat. La veille, ses principaux colistiers, dont Jean Sarkozy, le fils cadet du chef de l'Etat âgé d'à peine 21 ans, avaient annoncé qu'ils constituaient leur propre liste. Un coup fatal pour M. Martinon.

Jean Sarkozy à la rescousse
Des commentateurs estimaient que le fils du président n'aurait pas pris cette décision sans l'aval de son père. Ce coup de théâtre est intervenu après la révélation samedi d'un sondage confidentiel prévoyant la défaite de M. Martinon face à un adversaire de droite bien implanté à Neuilly. David Martinon, ancien protégé de l'ex-première dame Cécilia, un diplomate de formation aux allures de dandy britannique, avait été propulsé tête de liste par le chef de l'Etat lui-même. Mais ce parachutage avait été mal accueilli dans cette ville de 60.000 habitants. A tel point que Jean Sarkozy, jeune homme né à Neuilly, était venu à sa rescousse il y a quelques semaines en battant campagne à ses côtés.

Sarcasmes
Mais la greffe n'a pas pris: M. Martinon a multiplié les "bourdes" et n'a pas réussi à se faire adopter par la "capitale de la bourgeoisie", qui abrite familles de nobles et grandes fortunes comme Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, ainsi que "people" et artistes comme Jean Reno ou Johnny Hallyday, admirateurs déclarés de M. Sarkozy. Cet épisode a provoqué des sarcasmes dans la presse et au sein de l'opposition, et suscité un profond embarras à l'UMP (droite, au pouvoir). La presse régionale se gaussait d'un "putsch" ou d'un "coup d'Etat d'opérette". "Du rififi dans le fief de Sarkozy", titrait le quotidien populaire Le Parisien.

Vote sanction?
M. Sarkozy, dont la cote de popularité est en chute libre, a gardé le silence sur cet imbroglio. Le chef de l'Etat, qui ne recueille plus que 41% d'opinions favorables, a tenté dimanche soir de redorer son blason présidentiel en se prévalant, lors d'une brève allocution télévisée, d'un "succès" après le vote du Parlement en faveur de la ratification du traité de Lisbonne. La droite redoute que la désaffection de l'opinion, agacée notamment par l'exposition de la vie privée de M. Sarkozy avec Carla Bruni, ne se transforme en vote sanction aux municipales des 9 et 16 mars.

Quant à David Martinon, il n'était pas du voyage en Guyane qu'entamait lundi le président, une absence interprétée comme une marque de disgrâce. Le caricaturiste du journal Le Monde se moquait à la Une de l'ex-candidat fuyant Neuilly, trois poignards plantés dans le dos, sous l'oeil de Nicolas Sarkozy et de son fils. (belga)

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