Israël dément toute implication dans l'assassinat de Moughnieh
Israël a officiellement démenti mercredi toute implication dans l'assassinat à Damas d'un important chef du Hezbollah, Imad Moughnieh, que le mouvement chiite libanais a imputé à l'Etat hébreu.
"Israël rejette les tentatives d'organisations terroristes de lui attribuer une quelconque implication dans cette affaire. Nous n'avons rien d'autre à ajouter", a déclaré le bureau du Premier ministre Ehud Olmert.
"Israël vérifie les informations provenant du Liban et de Syrie sur la mort d'un haut responsable du Hezbollah et prend connaissance pour la première fois des détails de cette affaire tels qu'ils sont communiqués dans les médias", a ajouté le bureau dans un communiqué. Le porte-parole de M. Olmert, Mark Regev, avait plus tôt refusé de faire le moindre commentaire sur l'assassinat de Moughnieh alors que plusieurs responsables ont applaudi à la liquidation d'un des pires ennemis d'Israël.
Le Hezbollah a accusé Israël de ce meurtre. Selon un responsable du parti, le dirigeant a été tué dans l'explosion d'une voiture piégée à Damas mardi. Des anciens de la communauté du renseignement et des ministres israéliens n'ont pas caché leur satisfaction après la mort de Moughnieh. Dany Yatom, ancien patron du Mossad entre 1996 et 1998, a affirmé "ne pas savoir qui a liquidé Imad Moughnieh. Mais c'est un succès pour la communauté du renseignement. C'était un des plus grands terroristes du monde au même titre qu'Oussama ben Laden".
"C'est aussi un grand succès dans la lutte internationale contre le terrorisme. C'est un message adressé aux terroristes pour leur faire comprendre qu'aucun d'eux n'est invulnérable", a pour sa part déclaré l'ancien chef du Shin Beth, les services de la sécurité intérieure, et ministre sans portefeuille Ami Ayalon. Gideon Ezra, ministre de l'Environnement, membre du cabinet de sécurité et ancien chef-adjoint du Shin Beth s'est félicité de la liquidation de Moughnieh qu'il a qualifié de "Carlos libanais", en référence au célèbre terroriste vénézuélien, actuellement en prison en France.
"J'espère qu'en fin de compte tout terroriste saura qu'on finira par mettre la main sur lui", a-t-il déclaré à la radio publique. "J'espère que ceux qui l'ont fait recevront les félicitations qui leur sont dues", a-t-il insisté. Selon des experts israéliens, Moughnieh était l'ennemi numéro un dans la liste des terroristes recherchés par Israël. En 1985, selon des médias étrangers, le Mossad avait tenté de l'assassiner mais l'opération avait échoué et son frère avait été tué. Une seconde tentative avait été fomentée par les Israéliens pour liquider Moughnieh lors des funérailles de son frère, mais il ne s'y était pas présenté.
Les télévisions et les radios en Israël ont interrompu leurs programmes dès l'annonce de la mort de Moughnieh en le présentant comme le "terroriste le plus dangereux au Moyen-Orient depuis trente ans". "Le compte est réglé: Imad Moughnieh a été liquidé à Damas", a titré le site internet Ynet du quotidien Yédiot Aharonot, le plus fort tirage d'Israël. Les médias israéliens considèrent dans leur ensemble que le Hezbollah risque de vouloir se venger de cet assassinat.
La deuxième chaîne de télévision privée a indiqué que les mesures de sécurité autour des ambassades et consulats israéliens devraient être renforcées de crainte d'attentats. Imad Moughnieh était recherché par Interpol pour sa participation présumée à un attentat contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) qui avait fait 85 morts et près de 300 blessés en juillet 1994 à Buenos Aires.
Il était également soupçonné d'être impliqué dans des attentats contre des intérêts américains et français. Les Israéliens estiment qu'il était aussi impliqué dans le rapt de deux soldats israéliens en juillet 2006, un enlèvement qui avait déclenché la guerre du Liban entre Israël et le Hezbollah.