La police a arrêté jeudi un cinquième suspect dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien leader de l'opposition Benazir Bhutto, tuée le 27 décembre dans un attentat suicide dans la banlieue d'Islamabad, a annoncé vendredi un enquêteur.
Membre-clé
"Abdur Rasheed est un membre-clé du groupe" qui a organisé l'attaque "et est impliqué notamment dans l'approvisionnement des autres membres en armes", a indiqué un responsable de l'enquête, sous couvert de l'anonymat. Mais, selon cette source, le suspect n'était pas sur place au moment de l'attentat, qui avait tué 23 autres personnes, à Rawalpindi, à l'issue d'un meeting pour les élections législatives prévues le 8 janvier. Ces dernières ont alors été reportées et doivent se tenir lundi. L'homme a été arrêté à son domicile à Rawalpindi.
Un premier suspect avait été arrêté par hasard en janvier dans le nord-ouest du pays, non loin des zones tribales fief des combattants islamistes proches d'Al-Qaïda et des talibans que le gouvernement a accusés d'avoir perpétré l'attentat. Mais il n'est pas certain que cet adolescent de 15 ans, intercepté lors d'un contrôle routier, soit lié directement à l'assassinat: il a avoué qu'on lui avait promis de faire partie d'une deuxième équipe de kamikazes si l'attentat suicide du 27 décembre échouait. Un de ses proches avait aussitôt été arrêté.
Aveux
Deux autres suspects, présentés par les enquêteurs comme des éléments-clés du complot, ont été capturés début février à Rawalpindi. La police a assuré qu'ils ont avoué mercredi devant un tribunal, à huis-clos, avoir participé à l'organisation de l'assassinat.
Le gouvernement du président Pervez Musharraf avait accusé un commandant des talibans pakistanais des zones tribales, Baïtullah Mehsud, qui a fait allégeance à Al-Qaïda. La CIA a confirmé cette hypothèse mais des enquêteurs ont assuré qu'il n'avaient pour l'heure établi aucun lien formel entre les trois derniers suspects arrêtés et le chef de la tribu des Mehsud.
Le parti de Mme Bhutto soupçonne ouvertement
des caciques du régime de M. Musharraf et des services de renseignements d'avoir fait tuer Mme Bhutto, parce qu'elle menaçait leur pouvoir aux élections. (afp)


