"Ali le Chimique" brisait tout mouvement de contestation

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Par: rédaction
29/02/08 - 12h31

Ali Hassan al-Majid, dont la présidence irakienne a autorisé la pendaison, était réputé pour sa brutalité sous le régime de Saddam Hussein sous lequel il réprimait, souvent dans le sang, le moindre mouvement de contestation.

Agé de 66 ans et originaire comme l'ex-président de la région de Tikrit (nord), Ali Hassan al-Majid a hérité du sobriquet infamant d'"Ali le Chimique" pour avoir commandé en 1988 le bombardement au gaz ypérite de la ville kurde de Halabja, tuant des milliers de personnes dont nombre de femmes et d'enfants.

Je ne m'exuse pas
Cousin germain de Saddam Hussein pendu fin 2006, il a occupé le poste de secrétaire général du parti Baas dans le nord (1987-1989), coordonnant à la fois l'armée, la direction de la sécurité générale et les renseignements militaires engagés dans la répression contre les Kurdes.

"C'est moi qui ai donné les ordres à l'armée de détruire des villages et reloger les villageois. Je ne me défends pas, je ne m'en excuse pas, je n'ai pas commis d'erreur", a-t-il dit en parlant de la répression de la rébellion kurde, la campagne Anfal de 1987-1988, qui avait fait près de 180.000 morts.

Un "boucher"
Il a été condamné à mort en juin 2007. "Merci Dieu", avait-il lâché à l'énoncé du verdict. La Cour suprême a confirmé en septembre cette peine. Surnommé "le boucher du Kurdistan", il engage en mai 1987 une politique implacable de terre brûlée dans le Kurdistan par une vaste opération d'évacuation de la population et du bétail, emmenés de force près des frontières jordaniennes et saoudiennes, loin des zones d'implantation traditionnelles des Kurdes.

Cette politique sera accentuée après le lancement par l'Iran, en juin 1987, de l'offensive Nasr-IV contre l'Irak, qui sera soutenue par les partisans kurdes. Selon l'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, M. Majid est responsable de la disparition de 100.000 non-combattants dans les régions kurdes.

Sanguinaire
Mais il fut aussi le bourreau des chiites lors de la révolte de 1991, en tant que commandant des divisions de la Garde républicaine dans le sud. Dans les années 1990, il a dirigé une campagne de déplacement forcé des habitants des marais, dont le nombre est tombé d'un million à 40.000.

Il a aussi supervisé l'occupation du Koweït. D'août à novembre 1990, il fut ainsi le gouverneur sanguinaire de ce pays envahi par l'armée irakienne, avant de reprendre en février 1991 le poste de ministre des Affaires locales. Sans états d'âme, M. Majid a exécuté en février 1996 son propre neveu Hussein Kamel, rentré à Bagdad après avoir fait défection un an plus tôt en Jordanie et dénoncé le régime.

Membre du Conseil de commandement de la révolution (CCR, la plus haute instance dirigeante du régime baassiste), "Ali le chimique" avait été désigné responsable de la région militaire sud, avec pour mission de la défendre contre l'offensive américano-britannique, lancée le 20 mars 2003. C'est la seule région qui résista brièvement mais réellement aux forces de la coalition. Le 21 août 2003, après des mois de recherche, sa capture avait été annoncée par la coalition. Il est depuis détenu dans une prison Bagdad contrôlée par les Américains.

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