Barack Obama, de plus en plus à la peine pour ne pas faire figure de favori pour l'investiture démocrate à la présidentielle américaine, a dénoncé vendredi la tentative de sa rivale Hillary Clinton de jouer sur la peur des électeurs, à l'approche des primaires au Texas et en Ohio.
Au pied du mur après avoir essuyé onze défaites d'affilée depuis le "super-mardi" du 5 février, Mme Clinton a commencé à diffuser vendredi au Texas un clip télévisé mettant en cause implicitement la capacité M. Obama à réagir à une crise de sécurité, demandant d'un ton dramatique: "qui voulez-vous voir décrocher le téléphone" rouge en pleine nuit? Barack Obama a profité d'une réunion à Houston (Texas, sud) pour dénoncer ce type de clips "qui jouent sur la peur des gens".
"Je ne crois pas qu'ils marcheront cette fois-ci parce que la question n'est pas de savoir qui répondra au téléphone, mais de quelle capacité de jugement on fera preuve en décrochant le téléphone", a-t-il dit. "Nous avons déjà eu le (test) du téléphone rouge, c'était la décision d'envahir l'Irak. Mme Clinton a donné la mauvaise réponse, George Bush a donné la mauvaise réponse, (le candidat républicain) John McCain a donné la mauvaise réponse - je me suis levé et j'ai dit qu'une guerre en Irak ne serait pas sage (..) c'est le genre de jugement dont je ferai preuve quand je répondrai au téléphone à la Maison Blanche", a-t-il affirmé.
Dans le camp Clinton, on s'efforce de placer la barre aussi haut que possible pour le sénateur de l'Illinois avant les primaires de mardi au Texas, où il est en tête des sondages de deux petits points, selon la synthèse du site indépendant RealClearPolitics, et en Ohio, où Mme Clinton bénéficie d'une avance de 5 points. "Les médias ont sacré Barack Obama candidat présumé (du parti démocrate) et il se comporte comme s'il l'était", soulignait vendredi l'équipe de campagne de Mme Clinton, le mettant au défi de l'emporter dans les quatre Etats appelés à voter mardi: les modestes Rhode Island et Vermont dans le nord-est, mais aussi et surtout le Texas et l'Ohio, assurant que "s'il ne peut pas gagner tous ces Etats (..), il y a un problème".
De fait, les médias ne sont pas seuls à anticiper une investiture de M. Obama: il concentre désormais les attaques non seulement de Mme Clinton, mais aussi du candidat républicain présumé John McCain et du président George W. Bush, qui jeudi s'en est directement pris à ses positions sur l'Irak ou Cuba. Le candidat affiche pourtant son incertitude de l'emporter: "rappelez-vous le New Hampshire" (nord-est), a-t-il lâché à des journalistes, en référence à la deuxième étape des primaires, il y a près de deux mois, remportée de justesse et contre toute attente par Hillary Clinton.
Vendredi, le directeur de campagne de M. Obama, David Plouffe, a indiqué qu'il s'attendait à ce que la course se poursuive après mardi, et qu'il préparait déjà les prochaines étapes dans le Wyoming (ouest, 8 mars) et le Mississippi (sud, 11 mars). Se gardant bien de donner un pronostic précis sur les scrutins de mardi, il a indiqué que "le plus probable sera qu'on n'aura pas de grand mouvement dans (la répartition des) délégués" en vue de la convention du parti démocrate d'août, officiellement chargée de désigner le candidat pour novembre. M. Obama était crédité vendredi de 1.384 délégués, contre 1.279 pour Mme Clinton, sur les 2.025 nécessaires à l'investiture.
"L'équipe Clinton pense qu'il leur faut gagner à la fois au Texas et en Ohio par au moins 10 points (...), à cette aune ils vont lamentablement échouer", a assuré M. Plouffe. (afp)


