Barack Obama comptait mettre hors course sa rivale Hillary Clinton mardi à l'occasion de primaires présentées comme un second "super mardi" au Texas, en Ohio, à Rhode Island et dans le Vermont mais la sénatrice de New York espère au contraire profiter de cette occasion pour inverser la tendance.
Côté républicain, le sénateur John McCain pouvait espérer gagner dans ces quatre Etats les derniers délégués du parti qui lui manquent encore pour devenir le candidat officiel à la présidentielle de novembre, et éliminer de la course l'ex-gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee, un chrétien conservateur. Les premiers bureaux de vote ont ouvert à 5 heures (10H00 GMT) dans le petit Etat du Vermont (nord-est), les derniers devaient fermer à 19 heures (02H00 GMT) au Texas (sud), où des assemblées d'électeurs étaient également prévues dans la foulée.
De nombreux commentateurs estimaient que de nouvelles défaites de Mme Clinton au Texas et dans l'Ohio (nord), survenant après onze revers d'affilée essuyés depuis un mois, pourraient mettre coup d'arrêt à ses ambitions présidentielles. Mais un sondage diffusé mardi par la chaîne C-Span semble indiquer que Mme Clinton pourrait tirer son épingle du jeu: la sénatrice de l'Etat de New York est créditée de 47% des intentions de vote au Texas (contre 44% pour M. Obama) tandis que les deux candidats sont à égalité (44%) dans l'Ohio. Ces sondages sont toutefois à prendre avec prudence en raison du mode de scrutin complexe au Texas.
Les primaires ne se déroulent pas au niveau de l'Etat mais de chacune des 31 circonscriptions électorales. Le nombre de délégués varie d'une circonscription à l'autre et les circonscriptions comptant une forte communauté hispanique (plutôt favorables à Mme Clinton) sont sous-représentées par rapport aux circonscriptions urbaines (plutôt favorables à M. Obama). Les électeurs peuvent également choisir des délégués à l'occasion de caucus (assemblées d'électeurs) rendant le système encore un peu plus opaque. Des experts, interrogés au Texas, estiment que le candidat ayant remporté le plus de voix n'est pas assuré d'emporter le plus grand nombre de délégués.
Ces derniers jours ont été marqués par de vifs échanges entre les deux démocrates. Mme Clinton a mis en doute la capacité de son rival à assumer les fonctions de commandant en chef des forces armées en raison de son manque d'expérience et l'a accusé de tenir un double langage sur l'Alena (Accord de libre-échange nord-américain) selon qu'il s'adressait aux électeurs de l'Ohio souffrant de la crise économique ou à des responsables canadiens. Mary Ann Caston, une électrice de Cleveland dans l'Ohio, a été sensible aux arguments de Mme Clinton. "Je pense qu'elle possède l'expérience dont nous avons besoin. Je crois que c'est la mieux qualifiée", a-t-elle dit en sortant de son bureau de vote.
Tsipora Nemes par contre, une autre électrice de Cleveland, n'a pas été convaincue. "Je n'aime vraiment pas Hillary. Elle a mené une campagne négative contre Obama. Je n'ai vraiment pas aimé ça du tout", dit-elle. Mardi le site indépendant RealClearPolitics (RCP) créditait M. Obama de 1.392 délégués, contre 1.279 pour Mme Clinton, loin du seuil de 2.025 permettant de s'assurer de l'investiture. Après les primaires de mardi, qui permettront de désigner à la proportionnelle 193 délégués au Texas, 141 en Ohio, 21 au Rhode Island (nord-est) et 15 au Vermont, il restera 611 délégués à désigner lors d'une quinzaine d'élections, la principale étant prévue le 22 avril en Pennsylvanie (est, 158 délégués).
Chez les républicains, M. McCain est crédité de 1.019 délégués contre seulement 254 pour M. Huckabee. Selon les sondages, il semblait en mesure de remporter la quasi totalité des 265 délégués en jeu mardi dans les quatre Etats et atteindre ainsi le seuil des 1.191 délégués nécessaires pour obtenir la nomination républicaine. (afp)


