La présidence slovène de l'Union européenne a appelé l'Iran à pleinement collaborer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur son programme nucléaire controversé, mercredi lors de la réunion de l'exécutif de l'agence à Vienne.
"L'UE reste gravement préoccupée par le fait que malgré quatre années d'intenses efforts de l'AIEA celle-ci ne soit toujours pas en mesure d'établir la nature du programme nucléaire iranien", a déclaré le délégué slovène représentant l'UE, Ernest Petric, aux représentants des 35 pays membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA.
Attente de réponses
L'UE "appelle l'Iran à fournir des réponses complètes, claires et crédibles à l'AIEA pour résoudre toutes les questions" sur ses activités nucléaires, a souligné M. Petric. Les inquiétudes de l'UE s'appuient sur la publication fin février par l'AIEA d'éléments selon lesquels l'Iran continue à développer ses activités d'enrichissement d'uranium et poursuit des recherches à caractère militaire, notamment sur des explosifs à haute intensité et des missiles.
Les pays occidentaux avaient souhaité soumettre au Conseil des gouverneurs de l'AIEA réuni dans la capitale autrichienne une résolution pour demander formellement à l'Iran de fournir des explications sur ce point. Ils ont cependant abandonné cette idée face à l'opposition de la Chine et de la Russie ainsi que des non-alignés, alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté lundi une troisième série de sanctions contre l'Iran.
Droit
L'ambassadrice cubaine auprès de l'AIEA, Norma Goicochea Estenoz, a réaffirmé mercredi, au nom des Non-alignés, que selon eux l'Iran remplissait toutes ses obligations légales vis-à-vis de l'agence, et que tout geste supplémentaire ne pouvait être accompli que sur une base "volontaire". Les pays du mouvement des Non-alignés défendent le droit de l'Iran à mener des activités nucléaires civiles, y compris de l'enrichissement d'uranium, alors que les Occidentaux craignent que ce programme n'ait en réalité une finalité militaire.
L'appel de l'UE intervient alors que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé mercredi que le dossier nucléaire devait être négocié dans le seul cadre de l'AIEA, rejetant par là le souhait des grandes puissances de reprendre le dialogue avec Téhéran par le biais du chef de la diplomatie européenne Javier Solana.


