Attentat à Jérusalem
Huit étudiants israéliens d'un institut d'études talmudiques de Jérusalem-ouest ont été tués par balles jeudi soir dans un attentat perpétré par un Palestinien qui a également fait neuf blessés, selon un bilan de sources médicales et policières.
Outre les huit morts israéliens, l'auteur de l'attaque, un habitant de
Jérusalem-est, a été tué rapidement après l'attentat, qui s'est produit peu après 20h30 locales (19H30 HB) dans le quartier de Kyriat Moshé. Trois des blessés sont dans un état grave, a-t-on indiqué de sources hospitalières. Toutes les victimes sont âgées de 18 à 20 ans.
"Le terroriste est arrivé avec un paquet à la main, il en a sorti une
arme et s'est mis à tirer, tuant huit étudiants de la yéshiva et blessant
neuf autres", a déclaré à la presse le chef de la police du district de
Jérusalem, Aharon Franco. "ll est rentré dans le bâtiment et a tiré. Nous n'avions aucune information sur l'éventualité d'une telle opération", a-t-il ajouté. Il a précisé qu'un officier de l'armée israélienne qui se trouvait dans le secteur avait tué cet homme, "un Palestinien qui vivait à Jérusalem-est", dans le quartier de Jabel Mouqaber, et qui était connu des services de sécurité israéliens.
Deux autres agents de police ont également ouvert le feu pour s'assurer que l'homme était mort, a poursuivi Aharon Franco. Des informations faisant état plus tôt d'un second terroriste ayant
participé à l'attentat et ayant été tué ont été démenties par la suite par des responsables de la police israélienne.Une cinquantaine d'ambulances sont arrivées sur les lieux pour évacuer les blessés vers les hôpitaux les plus proches. Un hélicoptère a survolé la ville tandis que des forces de police sillonnaient la ville toutes sirènes hurlantes à la recherche d'un éventuel complice.
Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Arie
Mekel, a affirmé que l'auteur de l'attentat avait voulu "tuer les chances
de paix". De son côté, un porte-parole du Hamas, Abou Zouhri, a qualifié l'attentat d'"attaque héroïque" en réponse "aux crimes" d'Israël. Il n'a cependant pas revendiqué au nom du mouvement islamiste la responsabilité de cet attentat.
A Beyrouth, la chaîne du Hezbollah libanais a affirmé jeudi soir qu'un
groupe jusqu'à présent inconnu, les "Kataëb Ahrar el-Jalil (Brigades des hommes libres de la Galilée)-Groupe du Martyr Imad Moughnieh et les martyrs de Gaza", avait revendiqué l'attaque à Jérusalem-ouest. La chaîne de la formation chiite, selon qui "la Résistance palestinienne a frappé au coeur d'Israël", n'a toutefois donné aucun détail sur ce groupe, qui porte le nom de son dirigeant militaire principal assassiné le 12 février à Damas.
A l'annonce de l'attentat, des manifestations de joie ont éclaté dans
la bande de Gaza, selon des témoins, notamment dans le camp de Jabaliya, récent théâtre d'une opération meurtrière israélienne. Des haut-parleurs ont également scandé des slogans louant les auteurs
de l'attentat, tandis que des coups de feu étaient tirés en l'air,
toujours selon des témoins. Au Liban, des tirs de joie ont eu lieu dans plusieurs camps palestiniens.
Le Département d'Etat américain a rapidement réagi pour "condamner" l'attaque. Le dernier attentat perpétré à Jérusalem remonte au 22 février 2004, lorsqu'une bombe humaine palestinienne avait entraîné la mort de huit Israéliens, à bord d'un autobus.
Peu après l'attentat à Jérusalem-ouest, quatre combattants
palestiniens ont été tués dans un raid aérien israélien dans le sud de la bande de Gaza, selon une source médicale palestinienne. Les quatre tués, tous des membres des Brigades d'Al Qods, la branche
armée du Jihad islamique, ont été tués lorsque l'aviation israélienne a
lancé un raid contre la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.
La police israélienne a mis ses forces en état d'alerte dans tout le
pays, notamment à Jérusalem-est en prévision des prières du vendredi sur l'esplanade des Mosquées. (belga/7sur7)