L'attentat le plus meurtrier depuis quatre ans en Israël a suscité une large et forte réprobation dans la communauté internationale, mais aussi la joie des organisations anti-israéliennes et une profonde inquiétude pour des discussions de paix déjà mal en point.
Le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence, n'a pu s'entendre jeudi soir sur un texte condamnant l'attentat en raison de l'opposition de la Libye, a affirmé l'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad. "Il n'y a pas eu d'accord car la délégation libyenne n'a pas voulu condamner" l'attentat. Selon un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Arie Mekel, l'auteur de l'attentat a voulu "tuer les chances de paix".
Réactions
L'attentat de Jérusalem est "une flèche" visant "le coeur du processus de paix qui avait été ranimé si récemment", a dit le chef de la diplomatie britannique David Miliband. L'interlocuteur palestinien des Israéliens dans les négociations, le président Mahmoud Abbas, a condamné l'attaque dans laquelle huit adolescents israéliens de 15 et 16 ans ont été tués par balles dans un institut d'études talmudiques et dont l'auteur a rapidement été abattu.
Alors que le président américain George W. Bush, grand allié du gouvernement israélien, dénonçait un acte "barbare", Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas, l'organisation radicale qui symbolise la résistance palestinienne aux discussions de paix, a jugé l'attaque "héroïque". Cet attentat constitue la "réponse normale aux crimes" et aux "meurtres de civils" commis par Israël, a-t-il dit.
Offensive
Ce n'est pas le Hamas qui a revendiqué l'attentat mais un groupe jusqu'alors inconnu, les "Kataëb Ahrar el-Jalil (Brigades des hommes libres de la Galilée)-Groupe du Martyr Imad Moughnieh et les martyrs de Gaza", selon la chaîne de télévision du Hezbollah libanais, autre organisation anti-israélienne. A l'annonce de l'attentat, des manifestations de joie ont éclaté dans la bande de Gaza, qui est passée sous le contrôle du Hamas en juin et qui vient d'être le théâtre d'une vaste opération militaire israélienne ayant tué des dizaines de Palestiniens.
Cette offensive, destinée à faire cesser les tirs de roquettes sur Israël, a rendu encore plus aléatoires les discussions entre Israéliens et Palestiniens pour rechercher un accord de paix avant fin 2008, comme ils s'y étaient engagés en novembre sous les auspices de M. Bush à la conférence d'Annapolis (Etats-Unis). La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice est repartie mercredi de la région avec la promesse d'une reprise des négociations, suspendues après l'attaque de Gaza.
Inquiétudes
Mais, après l'attentat de Jérusalem, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lui-même, qui a "condamné dans les termes les plus forts" un "attentat sauvage", s'est dit "profondément préoccupé par la menace potentielle que représente la poursuite des actes de violence et de terrorisme pour le processus politique". M. Bush a donné le ton de la vive émotion internationale, condamnant, lui aussi "dans les termes les plus forts possibles" un "attentat barbare et malfaisant".
Il a indiqué s'être entretenu avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert: "Je lui ai dit que les Etats-Unis se tenaient fermement au côté d'Israël face à ce terrible attentat". Dans un silence peut-être éloquent, le communiqué de M. Bush ne dit absolument rien sur les discussions de paix. Londres, Madrid, Paris ont aussi condamné "avec la plus grande fermeté" cet attentat.


