Le chef de l'opposition russe inculpé de résistance à la police

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Par: rédaction
8/03/08 - 16h11

Le parquet de Saint-Pétersbourg a inculpé vendredi le responsable de la section locale du parti d'opposition Iabloko, Maxim Reznik, d'"outrage et résistance" à la police.

"Le parquet a présenté à Maxim Reznik ses accusations sur la base des articles 318 et 319 du Code pénal", portant sur les délits d'"outrage et résistance à la police", a précisé Alexandre Chourchev, porte-parole de la section locale du parti.

Résistance
Maxim Reznik, 33 ans, personnalité respectée de ce parti réformateur créé au début des années 1990 mais qui a des difficultés aujourd'hui à se faire entendre dans l'espace politique, est en détention provisoire. Il risque une peine allant jusqu'à cinq ans de prison. M. Reznik avait été témoin dimanche 2 mars, le jour de l'élection présidentielle, d'un différend entre un de ses amis et des inconnus qui se trouvaient dans une voiture garée à côté de son immeuble.

Il avait tenté d'arrêter la bagarre avant que la police arrivée sur place ne l'interpelle pour "résistance aux forces de l'ordre". "Nous n'avons pas l'intention de laisser cette affaire. Se battre contre l'arbitraire du pouvoir et démontrer qu'il n'est pas tout-puissant, ce n'est pas seulement la tâche du parti mais aussi le devoir de chaque citoyen", a déclaré l'adjoint du chef du parti Iabloko, Sergueï Ivanenko.

Politique
On ne peut pas exclure que l'interpellation de Maxim Reznik "soit une provocation et qu'elle soit politique", avait déploré le leader de Iabloko, Grigori Iavlinski. Son incarcération a suscité jeudi la protestation d'intellectuels russes, inquiets d'un "tournant dans la répression politique".

"L'élection du nouveau président russe a été marquée par un incident sinistre: la fabrication ouverte d'une affaire criminelle contre un opposant", dénoncent ces personnalités dans une lettre ouverte au procureur général Iouri Tchaïka. Les auteurs faisaient référence à l'élection dimanche du dauphin de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev. Parmi les signataires figurent la présidente du groupe Helsinki de Moscou Lioudmila Alexeïeva, la politologue Lilia Chevtsova, l'écrivain Boris Strougatski ou encore Elena Bonner, veuve du dissident et prix Nobel de la paix Andreï Sakharov.

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