Un détenu saoudien de Guantanamo poursuivi devant un tribunal militaire d'exception a demandé mercredi "la suppression de 119 déclarations" présentées par l'accusation comme éléments à charge, affirmant les avoir faites sous la torture.
Ahmed al-Darbi, 34 ans, arrêté début 2002 en Azerbaïdjan, transféré à Bagram en Afghanistan, puis à Guantanamo en mars 2003, est soupçonné d'être le beau-frère d'un des pirates de l'air du 11-septembre et d'avoir préparé pour Al-Qaïda un attentat qui n'a pas eu lieu.
"Nous demandons la suppression de 119 déclarations parce qu'elles ont été faites dans des circonstances assimilables à de la torture", a expliqué à la presse Ramzi Kassem, son avocat civil, après avoir évoqué cette question avec le juge militaire James Pohl lors d'une audience mercredi sur la base navale américaine.
Il a cité des privations de sommeil, privations sensorielles, humiliations sexuelles, menaces de viol, coups, et le fait que son client a passé des heures pendu par les bras pendant ses séances d'interrogatoires.
M. al-Darbi avait fait en 2005 un témoignage sous serment détaillé sur les conditions de sa détention à Bagram qui avait mené à l'inculpation en cour martiale d'un soldat américain portant le mot "monstre" tatoué sur lui en italien. Ce soldat avait été acquitté l'année suivante.
Pendant une courte audience mercredi, le juge Pohl a fixé au 11 janvier l'examen de la requête pour supprimer les déclarations. (belga/cb)


