Dix-sept nouveaux meurtres ont été commis entre mardi et mercredi à Ciudad Juarez, la ville la plus sanglante du Mexique, à la frontière américaine du Texas, où la guerre des cartels de la drogue a déjà fait davantage de morts que pendant l'année 2008.
Parmi ces dix-sept victimes de crimes en forme de règlements de comptes, un Mexicain de 36 ans résidant en Arizona, dans le sud des Etats-Unis, a été abattu "d'au moins dix balles" mardi au volant de sa voiture, d'où sa femme et leur fils sont sortis indemnes, selon le Parquet local. La voiture se trouvait à 200 mètres à peine du pont international de Cordoba, un des quatre points de passage de la frontière américaine de Ciudad Juarez.
C'était le deuxième épisode sanglant de la journée à la frontière entre les deux pays: les gardes américains de San Diego (Californie) ont blessé quatre personnes en ouvrant le feu contre trois camionnettes en provenance de Tijuana, du côté mexicain de la ligne de démarcation, et dont les conducteurs tentaient d'échapper aux contrôles. Soixante-dix personnes, qui seraient des immigrants clandestins, ont été arrêtées dans cet incident.
Trois autres victimes, dont un policier, sont tombées dans l'Etat de Chihuahua, dont Ciudad Juarez est la ville la plus tristement célèbre.
La guerre entre cartels pour le contrôle du marché et de l'approvisionnement des Etats-Unis, premier client mondial de la cocaïne, avait fait 1.653 morts en 2008, année record. La semaine dernière, le cap des 1.700 victimes a été franchi pour l'année 2009, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres officiels.
L'armée a déployé 8.500 hommes à Ciudad Juarez depuis février, mais sans réussir à mettre un terme à la guerre qui oppose les cartels de Juarez et de Sinaloa, selon les autorités locales.
A Veracruz, sur la côte atlantique de l'est du pays, onze membres présumés des "Zetas", un groupe connu d'hommes de main et tueurs à gages lié au grand cartel dit "du Golfe", ont été arrêtés lors d'une intervention de l'armée au cours de laquelle un des bandits a été tué, a annoncé mercredi le ministère de la Défense.
Au total, le gouvernement a mobilisé près de 50.000 militaires à travers le pays pour appuyer la police dans la lutte contre les cartels de la drogue, tenus pour responsables de 14.000 homicides depuis l'arrivée au pouvoir du président Felipe Calderon fin 2006. (belga/th)


