La Belgique a réaffirmé samedi le rôle "central" joué par les Nations Unies, tout en réclamant par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Yves Leterme, une réforme des institutions multilatérales internationales "pour renforcer leur légitimité, leur représentativité et leur capacité d'action".
"La sécurité, le changement climatique, certains effets de la mondialisation sont des défis auxquels nos pays font face. Ils requièrent une approche mondiale qui réserve un rôle central à l'Organisation des Nations Unies", a-t-il déclaré à la tribune de l'ONU à New York.
"C'est dans cet esprit que j'entends plaider pour un nouvel engagement multilatéral", a ajouté le chef de la diplomatie belge dans son discours prononcé en fin d'après-midi (heure locale, peu avant minuit HB) devant la 64ème Assemblée générale des Nations Unies.
Mais M. Leterme a souligné que les institutions multilatérales internationles devaient fonctionner de façon efficace, "à commencer par les Nations Unies". "Il est absolument primordial de progresser rapidement dans la réforme du Conseil de sécurité et du fonctionnement de cette Assemblée générale", a-t-il dit.
Rigueur et transparence
"La Belgique, l'un des pays fondateurs (des Nations Unies), plaide avec insistance pour plus de rigueur et plus de transparence dans le fonctionnement et le budget de l'ONU, afin d'utiliser au mieux les moyens limités", a encore dit M. Leterme, dans une allusion aux "chevauchements, mais aussi (aux) lacunes" du système onusien d'agences et autres programmes.
M. Leterme a toutefois regretté l'émergence d'un "multilatéralisme imparfait", évoquant, mais sans le citer, le rôle nouveau d'un organe comme le G20, réuni en sommet jeudi et vendredi à Pittsburgh, non loin de New York. "Des Etats se regroupent de manière informelle pour aborder des problèmes internationaux tels que la crise économico-financière. Ces groupes informels peuvent dans un premier temps accélérer la prise de décision au sein des organisations multilatérales internationales. Mais ils ne peuvent pas se substituer aux organisations elles-mêmes. Car le multilatéralisme ne doit pas exclure; au contraire, il doit inclure et être transparent", a plaidé le chef de la diplomatie belge.
Il a cependant insisté sur le premier défi pour la communauté internationale: "la violence entre Etats et à l'intérieur de certains Etats, qui continue à tuer, à mutiler, à violer des millions des personnes". "Ceci est notre tout premier défi car sans la paix, sans la sécurité, il n'y pas de développement et encore moins de développement durable. Car sans la paix, sans la sécurité, il n'y a pas de répartition équitable des richesses de note Terre", a lancé M. Leterme.
Bains de sang
Il a souligné que la prévention des conflits commence par le "bannissement de tout discours de haine". "Trop souvent, nous avons vu des bains de sang qui ont été provoqués par l'incitation à la haine", a-t-il déploré. Il a annoncé que la Belgique poursuivrait son action contre les violences sexuelles infligées aux femmes, "souvent doublement victimes" dans les situations de guerre et de violence, et contre "toute forme de violence qui vise les enfants".
Il a aussi confirmé l'intention du gouvernement belge d'atteindre dès 2010 l'objectif des 0,7% du Produit intérieur brut (PIB) consacrés à l'aide au développement. M. Leterme a salué la relance des efforts de désarmement tant nucléaire que conventionnel. "La Belgique se réjouit de la réunion du Conseil de sécurité au plus haut niveau au sujet de la non-prolifération et du désarmement nucléaire. La résolution adoptée (jeudi) constitue un jalon pour un monde sans armes de destruction massive", a-t-il noté en rappelant le rôle joué par la Belgique dans l'interdiction des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions.
Louis Michel plébiscité
M. Leterme a enfin officialisé la candidature de l'un de ces prédécesseurs, Louis Michel, à la présidence de la 65ème Assemblée générale (débutant en septembre 2010) - face à Joseph Deiss, un ex-président de la Suisse, un pays qui n'a adhéré qu'en 2002. "Nous sommes convaincus que la force de sa conviction et son dévouement seront de nature à rassembler davantage", a-t-il conclu. (belga)


