"Conséquences désastreuses" des opérations anti-FDLR sur les civils
Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) regroupent essentiellement des Hutu et des soldats des anciennes Forces armées rwandaises de Juvénal Habyarimana et des anciennes milices interahamwe. Elles sont basées dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Un groupe d'ONG internationales et congolaises a dénoncé mardi le "coût inacceptable" et les "conséquences désastreuses" pour les populations civiles des opérations anti-FDLR menées par l'armée congolaise, soutenue par l'ONU, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
"Depuis le début des opérations militaires contre les Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) en janvier 2009, plus de 1.000 civils ont été tués, 7.000 femmes et filles ont été violées et plus de 6.000 logements ont été détruits par le feu dans les provinces" du Nord et Sud-Kivu (est), écrivent dans un communiqué, 84 ONG d'aide humanitaire et de défense des droits humains, regroupées dans la "Congo Advocacy Coalition".
"Près de 900.000 personnes ont été forcées d'abandonner leurs maisons et vivent dans des conditions désespérées avec des familles d'accueil, dans des zones forestières ou dans des camps sordides pour personnes déplacées, avec un accès limité à la nourriture et aux médicaments", ajoute le groupe.
"Les conséquences de l'opération militaire actuelle sur le plan humanitaire et des droits humains sont tout simplement désastreuses", juge le directeur de l'ONG Oxfam, Marcel Stoessel, cité dans le communiqué. Les Casques bleus de l'ONU "doivent de toute urgence travailler avec les forces gouvernementales pour garantir que les civils obtiennent la protection dont ils ont besoin, faute de quoi ils doivent cesser leur soutien", plaide-t-il.
Quelque 4 à 6.000 combattants FDLR se trouvent aux Kivu. Certains ont participé au génocide de 1994 contre la minorité tutsi au Rwanda avant de s'installer dans l'est de la RDC, une des régions les plus instables du pays. (belga/mb)