Plusieurs centaines de gendarmes et policiers français ont mené mardi une vaste opération dans le Sud-Est contre des réseaux mafieux d'Europe de l'Est qui pillaient notamment les touristes étrangers sur des autoroutes du sud de la France, avec une trentaine d'interpellations.
"Cinq cents gendarmes et policiers" sont intervenus simultanément à 6H00 principalement à Marseille, en particulier dans les cités des quartiers Nord, mais aussi à Avignon et Toulon, a indiqué Roland Gilles, directeur général de la gendarmerie nationale, lors d'une conférence de presse dans la cité phocéenne. Au total, 34 personnes ont été placées en garde à vue, dont certaines, déjà incarcérées, ont été "sorties de prison", selon le procureur de la République d'Aix-en-Provence, Olivier Rothé.
Sur les 41 personnes visées, figuraient des personnes issues de la communauté des gens du voyage dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse, a précisé une source proche de l'enquête. "L'affaire, qui porte sur plus d'une centaine de faits, a commencé par un certain nombre d'agressions commises sur le secteur autoroutier du Languedoc-Roussillon et de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, de Perpignan à Nice", a expliqué le procureur.
Depuis février 2008, de faux policiers rançonnaient des touristes étrangers sur des aires de service, les surprenant souvent pendant leur sommeil avant de les braquer pour leur soutirer des sommes en numéraire ou des objets de valeur facilement négociables. Puis "l'enquête s'est poursuivie sur des faits de proxénétisme, d'infractions à la législation sur les stupéfiants, sur les jeux et également sur des trafics d'armes", avant de mettre en évidence "dernièrement des faits de blanchiment", a souligné M. Rothé.
Plus de 100.000 euros ont été saisis lors des perquisitions, ainsi qu'un kilo de cocaïne, plusieurs kilos de résine de cannabis, des armes dont une kalachnikov et des véhicules de luxe. Les personnes interpellées devront répondre de vols en bande organisée commis avec armes et violences, proxénétisme en bande organisée, infractions à la législation sur les stupéfiants en bande organisée, à la législation sur les jeux et à la législation sur les armes en bande organisée.
Cette opération est "le fruit d'une enquête longue de plus d'une année qui nous permet de mettre fin aux agissements d'une équipe de criminels organisés issus des pays balkaniques", a déclaré M. Gilles. L'opération était sécurisée par deux Compagnies républicaines de sécurité et des fonctionnaires de la direction de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône.
La gendarmerie française avait déployé ses enquêteurs régionaux, renforcés par ceux de la police nationale, du groupe d'intervention régional (GIR) et du service de la douane judiciaire de Marseille. Des interventions délicates ont été assurées par le GIGN, les gendarmes mobiles et le GIPN de Marseille. Le procureur s'est félicité de ce "front commun de l'Etat et de l'institution judiciaire contre l'insécurité" et l'"économie souterraine de nos quartiers", une délinquance "contre laquelle il est difficile de lutter". (afp)
Connectez-vous ou enregistrez-vous pour réagir!


