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Jean Sarkozy pas président, mais administrateur de l'Epad

Jean Sarkozy a renoncé à briguer la présidence de l'Epad, après deux semaines de polémique sur son ambition, mais devait franchir vendredi une nouvelle étape dans son ascension politique avec son élection au conseil d'administration de cet établissement public d'aménagement de La Défense.

Favoritisme
Le fils cadet du chef de l'Etat a créé la surprise jeudi soir, en renonçant à accéder à la présidence du premier quartier d'affaire d'Europe. "Je serai candidat au poste d'administrateur de l'Epad mais, si je suis élu, je ne briguerai pas la présidence", a-t-il annoncé sur France 2, en expliquant qu'il ne voulait pas d'une victoire portant le poids d'un soupçon de "favoritisme".

Prévue vendredi en fin de matinée, son élection au conseil d'administration de l'Epad était acquise, compte-tenu du poids de la majorité UMP-NC au sein du conseil général des Hauts-de-Seine (30 élus sur 45). Les conseillers généraux doivent pourvoir le siège laissé vacant par Hervé Marseille (NC), démissionnaire, qui jusqu'alors représentait l'assemblée départementale à l'Epad.

Police aux aguets
Quelque 200 journalistes, français et étrangers, se sont accrédités pour suivre cette élection. Dès 09H00 vendredi, un dispositif policier important était déployé devant le conseil général à Nanterre pour tenir à l'écart des manifestants, essentiellement des militants socialistes et communistes, soutenus par les élus de gauche du département.

Des jeunes socialistes arboraient des pancartes, "CV: 22 ans, bac + 3, deux ans dans la restauration rapide" ou "CV: 21 ans, 2e année de droit, femme de ménage". A son arrivée, Pascal Buchet, conseiller général PS, a promis de demander à Patrick "Devedjian (président du conseil général et président sortant de l'Epad, ndlr) pourquoi on l'(avait) empêché de nettoyer les écuries d'Augias", comme il l'avait affirmé. "C'est comme du temps de Pasqua, mais ça va changer, on va continuer", a-t-il ajouté. Sa collègue PCF, Nadine Garcia, s'insurgeait, quant à elle, contre "un déploiement de police inadmissible".

Un pied dans l'Epad malgré tout
Après s'être félicitée jeudi de la décision de Jean Sarkozy, la gauche s'est inquiétée vendredi de la suite, dans la mesure où le fils du président Sarkozy aura un pied dans cet établissement public. Au conseil général, M. Buchet a ainsi estimé que "rien n'(était) réglé avec la reculade de Nicolas et Jean Sarkozy puisque la question du devenir de La Défense reste entière". Il a proposé une "présidence tournante" de l'Epad confiée aux maires des communes concernées.

"Plusieurs options sont ouvertes pour la succession (le 4 décembre) de Patrick Devedjian", frappé par la limite d'âge de 65 ans, a déclaré à l'AFP le ministre de tutelle de l'Epad, Benoît Apparu (Logement). "La tradition c'est qu'on choisisse le président parmi les représentants élus du département pour ne pas favoriser les communes. Or aucun des deux représentants du département (Jean Sarkozy et M. Devedjian) ne sera candidat", a-t-il dit, en suggérant qu'un administrateur représentant l'Etat (9 sur 18 administrateurs, ndlr) assure la présidence "pendant la période transitoire jusqu'à la fusion" de l'Epad avec l'Etablissement public pour l'aménagement de Seine-Arche (Epasa). Celle-ci pourrait intervenir au 1er semestre 2010.

Fusion
Le conseil général doit se prononcer vendredi sur la fusion Epad/Epasa et son remplacement par une nouvelle structure, l'Epadsa (établissement public d'aménagement de La Défense-Seine-Arche). Les villes de Nanterre (PCF), Courbevoie et Puteaux (UMP) et le conseil régional d'Ile-de-France (PS) se sont déjà prononcés contre ce projet. (belga/acx)
23/10/09 11h38
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