Malgré les tests ADN, le mystère Grégory reste entier

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Par: rédaction
23/10/09 - 15h00
Les avocats des parents Villemin

Si les deux ADN exploitables découverts dans l'affaire de Grégory ne concernent pas les parents du garçonnet assassiné dans les Vosges en 1984, les questions demeurent toujours aussi nombreuses quant à l'identité du tueur et du "corbeau".

Christine et Jean-Marie Villemin sont-ils définitivement blanchis?
A l'origine de cette demande d'expertise, les parents du petit Grégory sont les seuls dans ce dossier à accepter le prélèvement de leur ADN. Les résultats annoncés jeudi montrent qu'ils n'ont touché ni la lettre du corbeau, ni les cordelettes qui ont servi à ligoter l'enfant.

"Pas la moindre trace de leur ADN n'a été retrouvée sur les scellés expertisés", a indiqué le procureur général Jean-Marie Beney. Cela confirme la décision de la Cour d'appel de Dijon, qui avait délivré en 1993 un non lieu pour "absence totale de charges" en faveur de Christine, longtemps mise en cause dans ce dossier.

C'est la démonstration du caractère "absolument abject de la théorie développée en son temps par certains enquêteurs et qui avait abouti à l'inculpation le 5 juillet 1985 de Mme Villemin", s'est félicité leur avocat Me Thierry Moser. Enfin, l'expertise établit de manière formelle que Jean-Marie Villemin était bien le père de Grégory quand "certains esprits malveillants avaient mis en doute" cette paternité, s'est félicité Me Moser.

Le corbeau est-il forcément l'assassin?
Non. La lettre analysée a été postée plusieurs mois après le meurtre. Elle a pu être écrite par l'assassin, mais rien ne le prouve. Les enquêteurs doivent encore comparer les ADN retrouvés sur la lettre analysée et le mélange d'ADN retrouvés sur les cordelettes. Deux ADN, un masculin et un féminin, ont été retrouvés sur la lettre.

"Nous avons toujours su qu'il y avait deux corbeaux, un homme et une femme. C'est ce que montrent les appels téléphoniques passés pendant trois ans, de 1981 à 1983", a expliqué jeudi Etienne Sesmat, un ancien capitaine de gendarmerie, qui avait mené la première enquête sur l'affaire.

Quelles seront les prochaines étapes de l'enquête?
Dans les semaines qui viennent, le président de la chambre d'instruction, Jean-François Pontonnier, va "saisir un service de police judiciaire spécialisé - gendarmerie ou police - afin d'ordonner un certain nombre de prélèvements" pour les comparer avec les deux ADN identifiés sur les scellés, a précisé le procureur Beney.

Ces ADN seront d'abord "passés au fichier national des empreintes génétiques", a-t-il précisé, puis des prélèvements "proportionnés" seront effectués sur le cercle familial, celui des voisins, proches et amis, et enfin sur "toutes personnes susceptibles d'avoir approché les scellés".

Ces prélèvements concerneront-ils les habitants du village ou la dépouille de Bernard Laroche, suspect numéro 1 à l'époque?
Pas question pour l'instant "de faire défiler tout un village", ni d'exhumer le corps de Laroche, tué en mars 1985 par son cousin Jean-Marie, persuadé de sa culpabilité dans le meurtre de son fils, selon le magistrat. Les enquêteurs pourront effectuer les tests ADN nécessaires "sur la filiation" de Bernard Laroche.

D'autres expertises seront-elles ordonnées?
Les conseils des parents Villemin ont déjà fait part de leur intention de demander des "investigations complémentaires" aux magistrats de Dijon, mais pas avant "au moins deux mois".

Quand cet interminable feuilleton médiatico-judiciaire se terminera-t-il?
"Nous sommes repartis dans une enquête au long cours: je ne pense pas que nous ayons des choses précises avant l'automne 2010", a estimé Me Moser. De son côté, le procureur général de Dijon a souhaité "un délai raisonnable" pour mener à bien cette nouvelle instruction. (afp/acx)

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