Épreuve de force gouvernement-routiers, menace de paralysie en Italie

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Par: rédaction
12/12/07 - 20h49

Le gouvernement italien et les transporteurs routiers étaient engagés dans une épreuve de force mercredi, au troisième jour d'une grève toujours suivie à plus de 90% qui menace de paralyser le pays, causant des pénuries d'essence et de produits alimentaires.

Mercredi soir, les syndicats de chauffeurs routiers ont appelé à la poursuite de la grève, tout en annonçant qu'ils allaient examiner des propositions du gouvernement, à l'issue d'une réunion au ministère des Transports. "Le mouvement se poursuit. Nous allons à présent nous réunir", a déclaré Pasquale Russo, secrétaire général de la Conftrasporto, confédération regroupant la majorité des sept syndicats de transporteurs routiers qui ont entamé la grève lundi. "Malgré l'ultimatum du gouvernement, près de 100%" des patrons des plus de 100.000 entreprises de transport routier et leurs chauffeurs salariés, suivent ce mouvement, a-t-il affirmé plus tôt mercredi.

Le ministre des Transports, Alessandro Bianchi, a pris mardi un arrêté ordonnant la suspension du mouvement de grève des camionneurs, qui encourent 500 euros d'amende par jour et la suspension de leur licence. Six d'entre eux ont été arrêtés mardi près de Naples et en Sicile (sud) pour avoir tenté de bloquer le passage et de saboter des camions qui refusaient de participer au mouvement. "Usines fermées et pompistes à sec", "Rayons et marchés vides. L'ombre d'un blocage se profile pour Noël", titrent, alarmistes, les quotidiens Il Corriere della Sera et La Repubblica, tandis que la Stampa estime que "l'Italie est proche de la paralysie".

Des pénuries d'essence mais aussi de produits frais commencent à se faire sentir dans le pays, notamment dans le sud et principalement dans les grandes villes, en raison des blocages et barrages filtrants mis en place par les chauffeurs routiers. Dans leur point à la mi-journée, les Autoroutes italiennes ont fait part de ralentissements et de bouchons, mais ont indiqué que plus aucun blocage total de portions d'autoroutes ou de péages par des camions n'était recensé. Selon les Autoroutes italiennes, le diesel est encore disponible dans 70% des stations-service du réseau autoroutier, et l'essence dans 90%. Il n'y avait plus cependant d'essence dans le centre de Rome et dans la province de Naples (sud) où le ramassage des ordures est suspendu, sauf dans le centre historique, selon l'agence Ansa.

Deux ressortissants turcs ont été arrêtés dans la nuit alors qu'ils tentaient de siphonner de l'essence à Modène (nord) et trois autres personnes ont été interpellées à Rome. Le groupe Fiat Auto en Italie a arrêté mardi la production dans ses usines faute de pièces détachées et mis quelque 22.000 employés au chômage technique. Quelque 2.000 camions sont toujours immobilisés au poste-frontière franco-italien de Vintimille (nord). Ce conflit s'annonce comme l'un des plus durs depuis la victoire du centre-gauche aux élections de 2006. Le dirigeant de la plus grande organisation patronale du secteur (Fai-Conftrasporto), Paolo Uggé, est proche de l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et a été sous-secrétaire aux Infrastructures dans son gouvernement.

M. Berlusconi a estimé que les camionneurs avaient "raison sur le principe mais pas sur la forme de contestation adoptée", relevant toutefois que sous son gouvernement, "ils n'avaient jamais protesté". Les syndicats réclament des mesures d'aide pour compenser la hausse des prix du carburant, notamment sous la forme d'allègements fiscaux, pour un montant de 575 millions d'euros alors que le gouvernement ne propose que 190 millions. (afp)

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