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Zelaya refuse un retour au pouvoir cautionnant le coup d'Etat

Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a annoncé samedi qu'il refusait tout accord sur son retour au pouvoir cautionnant le coup d'Etat du 28 juin, dans une lettre au président américain Barack Obama où il reproche à Washington un changement de position.

Sortie de crise
"Je n'accepte aucun accord de retour à la présidence pour dissimuler un coup d'Etat", affirme M. Zelaya, évincé par la force le 28 juin, dans une lettre envoyée au président américain Barack Obama, dont l'AFP a obtenu une copie.

Le 29 octobre, sous la pression de Washington, le dirigeant déchu avait conclu avec les autorités putschistes un accord de sortie de crise en 12 points, prévoyant notamment son retour au pouvoir avec des prérogatives limitées, après feu vert du Congrès. Mais les parlementaires ne se sont toujours pas réunis et M. Zelaya a accusé le 5 novembre le président putschiste Roberto Micheletti d'avoir torpillé cet accord, en formant un gouvernement d'union de transition, ne comprenant aucun de ses ministres.

Un haut fonctionnaire du département d'Etat, Ian Kelly, est revenu à Tegucigalpa cette semaine pour tenter, en vain, de rétablir le dialogue. Dans sa lettre, le président déchu, réfugié à l'ambassade du Brésil depuis son retour clandestin au pays le 21 septembre, demande une réponse rapide à M. Obama et estime que cet accord est aujourd'hui "caduc, uniquement car le gouvernement putschiste n'a pas satisfait à ses obligations".

Contestation
Pour M. Zelaya, cela remet en cause la légitimité de l'élection présidentielle du 29 novembre, présentée par le gouvernement putschiste comme une manière de clore définitivement la crise. "Dans ces conditions, nous ne pouvons pas soutenir (l'élection) et nous allons la contester légalement", a-t-il ajouté. Le président déchu reproche à certains "fonctionnaires du département d'Etat" d'avoir "modifié leur position" en déclarant récemment: "les élections seront reconnues par les Etats-Unis avec ou sans rétablissement (de M. Zelaya) dans ses fonctions".

Alors que les Etats-Unis avaient jusqu'à présent refusé d'apporter leur soutien au scrutin tant que le président déchu ne serait pas rétabli dans ses fonctions, Ian Kelly a déclaré jeudi: "nous appuyons le processus électoral". "Ces élections seront importantes pour rétablir l'ordre constitutionnel et démocratique au Honduras," a-t-il ajouté. "Le régime de facto a salué ce changement (...) et ils en ont immédiatement tiré parti pour ne pas respecter leur part de l'accord", estime M. Zelaya, qui ne peut pas se représenter.

Soutien
Il a été renversé le jour où il souhaitait organiser une consultation populaire en vue d'ouvrir la voie à une réforme de la Constitution autorisant la réélection du chef de l'Etat. L'un des six candidats à la présidentielle, Carlos H. Reyes (gauche), a renoncé à se présenter pour protester contre le non retour au pouvoir de M. Zelaya, auteur d'un coup de barre à gauche l'an dernier après avoir été élu fin 2005 sous l'étiquette libérale (droite).

Les deux favoris du scrutin sont les candidats des deux formations traditionnelles de droite: Elvin Santos pour le parti Libéral et Porfirio Lobo, pour le Parti national. (afp/acx)
15/11/09 18h15
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