Poutine en visite au Bélarus, où l'opposition accuse le régime de violences

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Par: rédaction
13/12/07 - 21h17

L'opposition bélarusse a accusé jeudi le régime du président Alexandre Loukachenko de violences après la répression d'une manifestation à l'occasion d'une visite du chef d'Etat russe Vladimir Poutine, arrivé dans la soirée à Minsk.

"Ce régime est fondé sur la peur et les mensonges et agit avec les méthodes les plus viles", a affirmé à l'AFP Pavel Severinets, membre du Jeune front, un mouvement d'opposition dont le leader, Zmiter Fédarouk, âgé de 19 ans, a été battu avec brutalité mercredi par des policiers au cours d'une manifestation. Une centaine d'opposants ont participé mercredi soir à Minsk une action de protestation, violemment dispersée par la police, contre la visite de M. Poutine et les projets de création de l'Union Russie-Bélarus.

"Les forces spéciales ont attaqué un groupe de jeunes militants, les ont bousculés (et les ont fait tomber) par terre et ont piétiné Zmiter. Il a perdu connaissance", avant d'être hospitalisé, a raconté un témoin, Mikola Statkevitch, dirigeant du parti social-démocrate. Zmiter Fédarouk se trouvait encore à l'hôpital jeudi. "Le diagnostic préliminaire est une commotion cérébrale. Il souffre de plusieurs hématomes, a des bleus sur le ventre et des marques de bottes sur une joue", a raconté Tatiana Chapoutka, porte-parole du Jeune front.

Selon la militante des droits de l'Homme Lioubov Louneva, un autre militant de l'opposition, Zmiter Kavalguine, a également été hospitalisé après la manifestation pour des blessures aux jambes. L'opposant Anatoli Lebedko a affirmé avoir été lui aussi battu et avoir une lèvre déchirée. "Cela fait longtemps qu'une manifestation n'a pas été réprimée d'une telle manière", a-t-il commenté. Le département d'Etat américain a condamné "l'utilisation de la force brutale" contre les manifestants, considérant qu'il s'agit d'un "nouvel épisode dans la longue série d'actes répressifs des autorités bélarusses contre leurs propres citoyens".

"Le passage à tabac de Zmiter Fédarouk est un acte de représailles contre ses activités politiques et contre le fait qu'il a été reçu par le président américain George W. Bush", a jugé M. Severinets. MM. Fédarouk faisait partie d'une délégation bélarusse de personnes militant pour la démocratie qui a rencontré la semaine dernière à Washington le président Bush et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. Selon M. Statkevitch, le président bélarusse a ainsi voulu montrer à son homologue russe que "les manifestations antirusses" sont réprimées dans son pays.

"Loukachenko a construit une économie non viable et veut retarder son éclatement en obtenant des crédits de la Russie et en lui achetant du gaz bon marché", a-t-il ajouté. Les présidents Poutine et Loukachenko devraient discuter vendredi de l'Union Russie-Bélarus, de la riposte au bouclier antimissiles américain et du prix de l'énergie russe livrée à Minsk. Un dîner informel des deux présidents est également prévu jeudi.

L'annonce de cette visite surprise a relancé les spéculations, immédiatement démenties des deux côtés, sur la possible reconversion de M. Poutine en chef d'un nouvel Etat réunissant la Russie et le Bélarus, puisqu'il ne peut se présenter à la présidentielle russe en 2008. La création de l'Union Russie-Bélarus a été annoncée en 1997, mais la réalisation de ce projet n'a pas beaucoup avancé depuis. (afp)

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