L'Europe ne peut se laisser arrêter par la Russie sur le Kosovo, selon Juncker

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Par: rédaction
13/12/07 - 22h51

L'Union européenne a "des engagements à tenir" sur le Kosovo et "ne peut se laisser arrêter" par Moscou, qui s'oppose à toute indépendance de ce territoire serbe, a estimé jeudi soir le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

"Je crois vraiment que nous devons tenir compte du besoin d'avoir la Russie comme partenaire quand il s'agit de modeler l'architecture de l'Europe, mais dans ce cas précis les avis de la Russie et de l'Union européenne divergent", a expliqué M. Juncker, à la veille d'un sommet européen où les débats seront consacrés en partie à l'avenir du Kosovo.

"Nous avons des engagements à tenir en ce qui concerne le Kosovo, nous ne pouvons pas nous laisser arrêter par une sorte de veto russe", a ajouté M. Juncker devant quelques journalistes, en marge d'une réunion des dirigeants conservateurs européens, préalable au sommet. Les dirigeants européens tenteront à ce sommet de s'entendre sur la réponse à apporter à une déclaration d'indépendance jugée probable du Kosovo dès début 2008.

La plupart d'entre eux, mais pas encore tous, sont prêts à reconnaître cette indépendance, même s'ils veulent qu'elle soit coordonnée avec Pristina pour ménager Belgrade - qui a toujours refusé de perdre le Kosovo - et éviter les violences, dans ce qui apparaît comme le dernier chapitre de l'éclatement de la Yougoslavie.

Le Kosovo, province gérée par l'ONU depuis que les forces serbes en ont été chassées par l'OTAN en 1999, vit déjà virtuellement séparé de la Serbie.
L'Union européenne, qui s'estime responsable de la stabilité des Balkans, prépare depuis des mois une importante mission à envoyer au Kosovo pour piloter cette indépendance.

Elle comptait l'envoyer au Kosovo au printemps dans le cadre d'un accord à l'ONU sur une nouvelle résolution accordant une "indépendance surveillée" du Kosovo.
Mais la Russie, qui soutient Belgrade, a bloqué un accord au Conseil de sécurité, où elle a un droit de veto. Elle devrait réitérer son refus lors d'une discussion prévue à l'ONU mercredi, obligeant les Européens à chercher un autre moyen de légitimer leur intervention. (belga)

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